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ÉLIMINATION DES MÉDICAMENTS

un peu, mais imparfaitement et très lentement. Au contraire, ainsi que Wœllier l'a montré, que Mialhe Ta établi sur des faits nouveaux, lorsque ces mêmes acides végétaux sont combinés avec des bases alcalines, même avec la cbaux, mais surtout avec la soude et la potasse, ils brûlent avec une extrême facilité, se transforment en acide carbonique et en eau, el alors, au lieu de citrate, de larlrate de potasse ou de soude, on recueille dans les urines du carbonate de potasse ou de soude. Cela nous explique l'action des cures de raisin, de cerises, de fraises, qui est tout à fait identique, au point de vue de Talcalinisation des humeurs, à Taction du bicarbonate de soude ou d'une cure de Vichy el de Vais. Ces substances brûlent presque complètement, et même, on peut le dire, complètement, car on ne les retrouve jamais à l'état d'acide citrique ou malique; mais elles brûlent avec une certaine lenteur, qui est croissante dans Tordre où je vous ai énoncé ces acides. Ce qui brûle le plus vite, c'est l'acide le plus normal, l'acide acétique ; ensuite les acide citrique, malique ; mais l'acide oxalique brûle avec beaucoup plus de lenteur, d'autant plus qu'il forme dans les émonctoires des combinaisons presque insolubles avec la chaux, et qu'alors

en résulte une inaltérabilité que n'acquièrent pas les autres acides. Voilà donc l'ordre dans lequel ces substances brûlent.

Je dois vous signaler maintenant un lait de même ordre que celui de ces corps vecteurs, dirigeants, qui impriment une modification en rapport avec leur propre nature ; tandis que le lartrate de potasse brûle si facilement qu'on le récolte en totalité à l'état de carbonate, au contraire, lorsque l'on a afiaire à un tartrate double de potasse et de nickel, la combustion n'a pas lieu. Le nickel empêche l'acide tartrique de

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brûler, biea qu'il soit partiellement combiné avec la potasse. Il est bon de connaître ces faits, parce qu'ils aideront certainement, lorsqu'on aura induit de leur coosidéi^lion les faits généraux^ à comprendre un certain nombre de faits encore obscurs aujourd'hui.

Mais ces deux catégories de corps, les uns brûlant partiellement, les autres brûlant presque en totalité, a'en font véritablement qu'une seule; ce n'est qu'une affaire de fiuâlité avec laquelle la combustion s'établit; il n'y a pas de différence fondamentale, tellement que vous pourrez placer tour à tour et réciproquement un corps de la seconde caté- {2[0iie dans la première, où nous supposons que la combustion est imparfaite, en faisant varier tout simplement les doses que vous introduisez à la fois dans la circulation.

Voici par exemple l'alcool, dont je vous ai parlé, mais sur lequel je veux insister. Ceci est une question des plus intéressantes : on disserte beaucoup, et lesdissentimcntslcspluspro* fonds existent entre les observateurs sur la question de savoir ce que devient l'alcool dans l'économie. Les uns, vous le savez, disent que l'alcool est un aliment combustible, respiratoire, qu'il vient s'ajouter à touttîs les autres substances ternaires que nous introduisons à titre d'aliments, c'eslà-dire aux matières sucrées et aux matières grasses, qui sont assurément le meilleur moyen de combustion. Les autres, au contraire, disent que l'alcool passe complètement inaltéré: Nous avons pu, disent-ils, le recueillir. Eb bien, les uns et les autres sont, je vous l'ai dit, dans le vrai. Seulement les premiers sont dans le vrai pour l'état pour ainsi dire pliysioloffique, hygiénique et thérapeutique ; les autres sont dans le vrai pour les conditions véritablement toxiques. Ainsi, je vous l'ai dit, quand on introduit beaucoup d'alcool,

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il passe en grandes partie inaltéré dans les sécrétion» . oaJft: retrouve immédiatement sous forme d'aldéhyde. Mais au contraire, quand on inti*oduit très peu d'alcool, à dose phyaologique, hygiénique, il est brûlé, probablement jusqu'à devenir de l'eau et de l'acide carbonique. Par conséquent» vous le voyex, on peut voir figurer tour à tour la même substance dans les deux catégories.

La quantité de principe actif retrouvée dans les sécré-* tions n'exprime donc, en somme, qu'une différence entre ce qui a été introduit et ce qui a été détruit. Et cette différence varie nécessairement suivant les conditions que nou& avons indiquées : la combustibilité plus ou moinSp grande de la substance, son altéi-abilité, attenda qu'il y a un certain nombre de substances dont on retrouve unetrès petite quantité et qu'il y en a d'autres dont on retrouve 90 p. 100 : tels le chlorate de potasse, le sulfate de qui* nine, mais celui-ci avec les réserves faites. Il y a tous les* intermédiaires entre* ces extrêmes, des substances dont on ne retrouve presque plus rien, et d'autres dont on retrouvela presque totalité.

Quand on examine ces différentes substances à leur sortie^^ on s'aperçoit que les unes ont surtout subi un changement par l'oxygène, elles se sont oxydées; les autres se sont mises dans des combinaisons nouvelles oi^ano-métalliques. Je vous ai dté des cas qui deviennent de plus en plus nombreux : ce sont ces substances qui, introduites à l'état dlhydrogènes carbonés ou de quelque chose d'analogue « substances ternaires tout au plus, contractent des combinaisons avec des^ substances axotées animales, qui sont des déchets organiques provenant des tissus, avec le glycocolle en particulier», et qui, constituant des combinaisons nouvelles beaucoup-

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plus solides qu'un grand nombre de ces mêmes déchets, les entraînent plus facilement au dehors et deviennent des moyens d'émonction capables d'enlever la matière peccanle à réconomie, quand elle est saturée de principes qui ne sont pas complètement brûlés et qui ne peuvent pas en sortir. Ainsi, ie premier exemple en ce genre a été Tacide benzoïque. On a vu qu'il se transformait en acide hippurique. Nous savons que cela résulte de la copulation de l'acide benzoïque avec le glycocolle. Les faits se multiplient, et l'on peut dire que ^toutes les substances qui sont des hydrogènes carbonés et qu'on appelle des essences, celles de térébenthine, d'eucaiyptus, sont transformées partiellement en acides copules semblables à Tacide hippurique. On les voit sortir à l'état de combinaisons azotées, et alors rendues presque méconuaissables au point de vue de leurs propriétés chimiques el organoleptiques. Il est évident pour moi que ce sont ces combinaisons qui donnent ces odeurs si particulières aux sécrétions, lorsque l'on a ingéré soit de l'essence de léré* i)enthine, soit du baume du Canada, soit de l'essence de cajeput, ou le baume de copahu, odeur analogue à celle de la violette. Mais on n'obtient pas toujours l'odeur de violette. On a quelquefois celle de mélilot ou bien encore • de vanille. Ce sont évidemment des acides copules. Outre cela, vous voyez des substances qui sortent dédoublées: on a alors une réduction. Enfin, il y a des substances qui semblent passer inaltérées, qu'on retrouve presque en totalité dans les sécrétions, telles que la quinine, et qui ont subi une altération qu'il est difficile de constater, mais <|u'il est facile de démontrer lorsque l'on vient à introduire cette même substance dans un organisme vivant, chez lequel elle ne produit plus aucun des phénomènes de

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la quinine; c'est-à-dire que cette substance est rendue inerte.

Jusqu'ici nous ne nous sommes occupes que de la nature même des effets que produisent les diff'érentes substances médicamenteuses ou toxiques. Mais il est important de chercher à nous rendre compte des circonstances qui font varier les effets physiologiques ou thérapeutiques.

Il y a deux grandes causes de variations de ces effets : la première, c'est la puissance de l'agent, qui est variable suivant les cas et les circonstances; la seconde est l'ensemble des particularités relatives à l'organisme, et qui peuvent se traduire par le mol : résistance de l'organisme.

La € puissance de l'agent médicamenteux > n'est pas une expression univoque ; cela ne signifie pas qu'il soit toujours doué d'une vertu plus ou moins considérable et qu'il puisse toujours exercer une action calmante ou stimulante. Ce n'est pas ainsi que cela se passe : la puissance de l'agent est en rapport avec des conditions particulières d'énergie pharmacodynamique qui lui est inhérente.

Si nous étudions l'action des principes similaires qu existent groupés dans une même substance ou dans un groupe de végétaux qui agissent sensiblement de la même façon, voici ce que nous voyons. Si nous prenons de l'alcool, nous constaterons, après les expériences faites par Dujardin-Beaumetz en particulier, qu'il y a des alcools qui sont très énergiques, d'autres qui sont faciles à tolérer et avec lesquels tous les phénomènes d'intoxication sont moindres qu'avec les autres. L'alcool élhylique est extrêmement bon, humain, pour ainsi dire ; l'alcool amylique^ de pommes de terre, est excessivement toxique. Si nous prenons les solanées vireuses, nous trouvons encore là une

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échelle graduée d'action physiologique ea partaol de» alc^ loïdes les plus puissanls, tels que Tatropine ei la duboisîne, jusqu'à la daturine, la nicoliae, la solanine, qui est le plus faible. Mais des faits analogues, des différences très notables, et même considérables d'intensité d'action phannaeo- dynamique se montrent également pour des substances qui sont constituées de la même façon ou qui sont easentiellement identiques^ pour ce qu'oa- appelle des isomères.

Ce sont des substances métalliques ou. métalloîdiques qui doivent à leur nature propre, indépendai^ de leur combinaison, leurs qualités oi'ganolep tiques, et par coBséquent leur action physiologique; et ici nous trouvons, comme cause des modifications d'intensité d^action physiologique, la structure et la dynamisation. Je vais vous donner un exemple :

L'oxygène est. un* moyen de brûler; l'oxygène atmosphévique a des qualités comburantes que vous connaisseï tous ; il nous donne le moyen de brûler notre propre substance. Mais il y a un oxygène, allotropique eomme on dit, qui est formé de trois molécules d'oiygène condensées et qui présente une dynamisation énorme, tellement qu il devient un poison des plus énergiques, et je vous ai raconté quelques-uns des symptômes produits par lui sur moi* même. Ëh bien, pour les substances isomères il y a aussi des différences considérables, telles, je le répète toujours, qu'il ne suffit pas d'avoir constaté l'isomérie pour admettre l'identité au point de vue physiologique. On ne pourra parler de cette identilé qu'après l'avoir constatée; je vous ai parlé déjà de la glycose du diabète et de celle du i^isin. Prenez les isomères du quinquina , c'est la même chose : nous avons d'un côté la. quinine, qui est d!uQe puissance extrême, de Tauti^e la quinidine et la quinîcine, qui ne

lHM.| ÊLfMINATiaM DB& MftDIGÀltKNTa. 4BQ*

sont rien ; nous avons d'un aulre côté lacinchooidiae, (|tti est presque l'égale, peut-être Tégale, je n'ai pas encore assez d'expériences, de la quinine, de l'autre la cinchonine et la cinchonidine, qui ne sont rien. Ces substances sont isomères^ mais l'arrangement moléculaire est différent. Dans la série des caféines : caféine du café, du thé, du maté, de la Paullinia, il y a des différences considérables. Ainsi mes expériences dernières montrent que ces substances, qui sont constituées exactament de la même façon, qui sont, pour les chimistes, identiques, sont des substances qui ont des manières différentes de se comporter. C'est ainsi que la guaranine est beaucoup plus active au point de vue de ses effets diurétiques que la théine et la maléine. Par conséquent^ vous le voyez, ici encore, dans ce groupe, il importe de tenir compte de la structure et de la dynamisation pour expliquer les effets des substances.

U y a aussi des conditions d'un autre ordre, qui expliqœnt Tactivité des substances médicamenteuses, l'état de division mécanique, l'état naissant que j'en rapproche; il y a enfin la condition d'être libre ou combiné. U est clair que ce n'est pas la mémo chose pour une substance d'être engagée dans une combinaison ou d'être libre de pénétrer dans les ccNnbinaisons qui s'offrent à elle, lorsqu'elle arrive dans l'intérieur de l'organisme. Par exemple je vous citerai ces faits :

Le soufre se présentée nous dans les piiarmacies sous deux formes principales : tantôt c'est du soufre sublimé, qu'on a pu laver ou non ; tantôt c'est du soufre précipité, ce qu'on qipelle du magister de soufre. Le soufre sublimé se dissout moins facilement, l'autre se présente sous forme d'une poudre impalpable de couleur piUe, à peine jaune ; elle est presque blanche. Eh bien, cette dernière variété se dissout mieux el, par conséquent, pénètre mieux par voie d'absorption dans

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Torganisme. Voyez maintenant Tarsenic combiné avec Tougène ou l'acide arsénieux, ou bien combinéavec une base,telle que l'arséniale de potasse ou de soude : ces substances oDtuno activité très grande qui n'est pas peut-être en rapport avec leur solubilité. Au contraire je vous ai montré par un exemple étrange, presque impossible à comprendre, que racid»' cacodylique, qui est formé par du méthyle dans lequel unecer taine proportion d'hydrogène était remplacée par de l'arsenic, qui renferme plus de 54 p. 100 d'arsenic, ne produit am no effet sur le tube digestif et presque aucun effet toxique. 11 est probable que cela tient à la résistance très grande (;u'il offre à l'absorption, car je vous montrerai tout à l'heure qu'il y a d'autres faits analogues obtenus par une voie un peu différente, par l'incorporation pure et simple dans une matière inerte.

Outre cela, outre la constitution de la substance aclive, il y a aussi la question de quantité. Sans doute, il ^ facile de le comprendre, tout le monde croît pouvoir 1»^ deviner, l'intensité d'action d'une substance médicamenteuse doit être en rapport avec la masse. Eh bien, il y a de grandes réserves à faire à cet égard, et je vous montrerai loul à l'heure que dans de certains cas il semble que l'aclionsoit en raison inverse de la masse. En tout cas, soyez prévenus qu'il ne s'agit pas de la masse qu'on a introduite dans le> premières voies pour la soumettre à l'ab-sorption ; qu'il «<* s'agit pas de la masse qui a pu traverser l'organisme, et qu' peut être énorme si l'introduction a duré très longtemps : »' s'agit de la masse qui est présente à un moment donné dans la circulation, dans les parenchymes, et qui par conséquent est en mesure d'agir. Je puis dire avec tout le monde, cl comme quiconque aurait pu le deviner, que sans doute il y^

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une proportion directe entre la quantité de la substance active introduite dans les premières voies et les eiTets de cette substance, à la condition qu'elle soit dans un état favorable à Taclion ; mais vous allez voir que cet état ne se réalise pas toujours, et qu'il y a un grand compte à en- tenir pour expliquer la plus ou moins g:rande activité des substances sous une certaine masse.

Voici, par exemple, la solubilité : elle joue un très grand rôle ; la même substance pourra, suivant qu'elle est présentée dans des conditions de solubilité ou d'insolubilité, produire des effets nuls ou considérables. Le kermès, la magnésie sont dans ce cas.

Pour la magnésie, cela est facile à comprendre, elle n'agit pas par elle-même ; il faut qu'elle se dissolve, qu'elle devienne du carbonate de magnésie avec excès d'acide pour qu'elle soit un peu active. Mais babituellement elle se transforme en acétate et en d'autres sels, par suite de la présence d'acides plus ou moins énergiques.

Lekermès,c'estunpeumoinsconnu. Chacun s'étonne, ayant un excellent kermès, d'obtenir des effets tellement aléatoires, que beaucoup y renoncent. Le kermès agira beaucoup si vous l'introduisez concurremment avec un acide. Si vous administrez à un sujet qui a une pneumonie ou un catarrhe capillaire, une affection thoracique plus ou moins grave, du kermès accompagné simplement d'un peu d*eau gommée ou d'une tisane plus ou moins mucilagineuse, s'il n'y a pas d'acide dans les premières voies il pourra passer presque inaperçu. Si au contraire vous donnez un peu de limonade vineuse, du vin un peu jeune, oh alors, le kermès fera merveille; avec des quantités qui ne sont pas très considérables vous obtenez des effets qui se rapprochent de ceux du

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tartre slibié. Lecalomel présente des particularités analogues.

D'une manière générale, on peut dire que quand les conditions sont Tavorables à l'absorption les effets sont considérables; dans le cas contraire ils sont nuls ou au moins très atténués.

Cherchons dans d'autres circonstances les conditions de l'activité plus ou moins grande des substances médicamenteuses. C'est ime question que vous aurez à vous poser, il»savoir si vous devez diluer beaucoup une solution pour la rendre active, ou la concentrer. Il y a là quelques règles générales à vous tracer. On peut dire qu'une solution passablement concentrée s'absorbe plus vite, pénètre pln< rapidement, produit des effets plus considérables; qu^une solution trop étendue, trop diluée produit des effets médiocres. Cependant il y a des remarques à faire à cette règtf .

Si la solution est trop concentrée et si elle contient imt substance capable d'exercer une action topique considérable, il est clair que dans ce cas Tabsorption ne sera pas accroe, mais même ralentie. Vous employez du tanin pour arrêter une hémorragie : c'est sous la fonwe solide qu'il fiiut le prescrire, là nous sommes obligés d'y recourir; mais après l'avoir introduit sous la forme solide. Il faut se hftter dé donner de l'eau, de manière à délayer cette poudre, parce que si à l'état solide le tanin rencontre la muqueuse, il produira une cormgation telle, qu'il en résultera une grande impossibilité à l'absorption. Il en est de même pour les sels de fer.

Il y a aussi d'autres circonstanoea dans lesquelles Fae» lion générale se trouvera empêchée par une action locale trop énergique. Par exemple, il est utile, dans un certain nombre de cas, d'introduire dans l'économie des sels neutres.

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Entre autres chez les albuminuriques dyscnasiqnes, vous donnerez avec utilité non seulement le sel marin, mais vous donnerez aussi (en cela vousferez tout à la fois le traitement corporel et moral) des eaux minérales renfermant beaucoup de sels neutres. Par exemple, vous pourrez donner de l'eau de Fredericshall. H y a longtemps que je la donnais, sachant qu'elle renfermait beaucoup de chlorure de sodium et de sulfate de soude, aux sujets qui étaient sous le coup d'une albuminurie de cause générale, et j'obtenais de bons résultats. On peut aujourd'hui administrer les eaux que j'ai appelées des lymphes minérales, parce qu'elles renferment tous les sels du sang, Saint-Nectaire, Royat, etc., que vous donnerez au point de vue de cet enrichissement du sérum sanguin. Si vous donnez une trop grande quantité de ces eaux, vou6 obtiendrez des effets purgatifs; par conséquent il en entrera très peu, quoiqu'il en entre un peu, car nons savons bien aujourd'hui que même en donnant le purgalif le plus énergique il se fait toujours un peu d'absorption. Mais il en entre d'autant moins qu'il y a plus d'hypersécrétion. Il y a des circonstances dans lesquelles il ne Faut pas pousser trop loin Tadministration. H y a aussi des cas dans lesquels une dilution trop grande nuit aux effets diffusés. Si vous voulez un exemple, je vais vous citer d'un côté les boissons «piritueuses, et d'un autre le vin éteadu d'eau. Si vous dites à cfnelqu'un auquel vonS'recoBmuHidez la sobriété : « Vous êtes goutteux, ne prenez donc pas de "vin pur, il vous est mauvais. > 11 voue répondra : c Docteur, je ne bois en somme pas plus d'alcool que vous ; "vous mettez beaucoup d'eau, je bois le vin pur : cela revient au même. > Non ; parce que, quand on prend du vinpur ou des liqueurs, l'absorption s'effectue avec une grande nqpidité sur ces petites masses, puisque tout

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passe, el alors il arrive à la fois dans le sang une proportion excessive d'alcool. .\ti contraire vous mettez dans ud verre d'eau le quart d'un vin plus ou moins bon : il se peut que, si vous buvez plusieurs verres, cela représente un veire entier de vin; mais cela ne pénètre que lentement, etalor> vous n'avez jamais ces effets violents que détermine une petite quantité d'alcool presque pur, ces phénomènes df» stimulation plus ou moins durables qui sont si funestes à ceux qui souffrent du cœur ou qui ont la goutte. Vous voyez par conséquent qu'il y a de grandes différences suivant la dilution. De même aussi, lorsque vous voudrez obtenir des phénomènes énergiques à l'aide d'une substance active, telle que la quinine, vous ne la donnerez pas à intervalles éloip^nés, car il n'y aurait jamais à un moment donné qu'une petit quantité de ({uinine dans le sang, et une dose aurait toujoiir!> le temps d'être éliminée lorsque arriverait la suivante : de sorte que vous n'auriez jamais d'accumulation de doses, el par conséquent aussi d'accumulation d'action, puisque l'on peut dire que c'est tout un, avec des conditions un peu particulières.

Voilà donc des conditions qu'il est important de connaître. En voici d'autres : je vous ai parlé du degré de division, de l'état plus ou moins soluble; voici encore une autre circonstance qui est souvent artificielle : c'est celle de l'enrobement des médicaments. Dans les pharmacies on incorpore les substances actives à d'autres plus ou moins inertes qui jouent le rôle d'adjuvants ou de correctifs. Cet enrobement^ qui ne porte pas toujours ce nom, parce que l'on s'imagine souvent faire des combinaisons, met un obstacle plus ou moins considérable à l'activité de la substance, parce qu'il met obstacle à son absorption. Et dans un certain nombre de cas il

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y a des différences immenses entre Tactivité du remède, qui peut èfre introduit, ou pur, ou sous la forme d'un solution, et celle d'une substance qui se présente au contraire divisée , au milieu d'une masse de substance inerte.

Voici, par exemple, Tiode métal loïdique; c'est un caustique : il suffirait d'en laisser tomber dans l'estomac 5 centigrammes pour qu'il fût très éprouvé, enflammé, ulcéré. Eh bien, on peut introduire 40 centigrammes d'iodure d'amidon, c'est-à-dire 4 centigrammes d'iode, tandis que 5 centigrammes suffiraient à produire les désordres que je viens de rappeler, sans qu'il résulte rien, ni comme action topique, ni comme effets généralisés. Comment cela s'explique-t-il ? Sachez d'abord que ce qu'on nomme de l'iodure d'amidon n'est pas de l'iodure d'amidon : que c'est l'incorporation de l'iode dans les interstices offerts par les couches des grains d'amidon, entre lesquelles l'iode est à l'état de division extrême ; cette division est la même, qu'il soit introduit dans ces espaces ou bien qu'il se trouve à la surface intérieure d'une bouteille dans laquelle on agite plus ou moins vivement quelques gouttes de teinture. Sous cet état l'iode est bleu, et c'est pour cela que l'iodure d'amidon est bleu.

La réunion de ces deux circonstances, l'enrobement d'un côté, le degré de division extrême de l'autre, donnent donc lieu à des différences extrêmement considérables entre le mode d'action des diverses formes médicamenteuses. Tellement qu'il y a des préparations qui, réunissant cet ensemble de mauvaises conditions : d'une part une substance très cohérente, très difficile à entourer, soit par les liquides de l'économie, soit par les substances qui sont capables d'agipar leurs af&nités, telles que les alcalis, les acides; d'autre piirt l'enrobement dans une substance étrangère et la dis-

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simulation sous une couche d^argent, ne peuvent plus agir. Il vous arrivera de temps en temps, par exemple, d'administrer à des gens affectés de catarrhe des voies urinaircs de la térébenthine cuite en vous disant : De cette façon j'aurai tous les avantages du médicament et pas d'inconvénients. Eh bien, quand ces pilules sont un peu trop cuites, bien enveloppées d'une jolie feuille d'argent, elles passent complètement inaltérées : cela devient des pilules perpétuelles. J'ai vu ce même phénomène se passer avec des pilules de résine de copahu. J'achetais chez les parfîimeors la résine de copahu dont ils avaient extrait l'essaice pour augmenter leurs différents parfums et je m'en servais. Je m'aperçus dans les premiers temps que je n'obtenais pas de résultat, parce qu'elles passaient à peu près inaltérées. J'associai alors la résine de copahu à une substance capable de la diviser et j'obtins les meilleors résultats. Vous voyez que la connaissance de ce fait a un intérêt véritable.

Je viens de vous montrer que la quantité d'effets n'est pas toujours proportionnelle à la quantité de substance employée; qu'il faut que cette substance que vous contiez aux voies digestives soit de telle nature, dans des conditions telles, qu'elle soit facilement absorbable dans un délai assez bref pour se trouver en quantité un peu considérable à la fois dans l'organisme et dans la proportion où elle est efficace. Il y a même, je vous le disais, des circonstances tout à fait paradoxales dans lesquelles les médicaments agissent d'autant moins qu'ils sont introduits en quantité d'autant plus considérable. Ceci semblerait favorable aux doses infinitésimales. Mais non; vous allez voir que cela s'explique i merveille.

leçon.) ÊLmiNATION DES MÊDICAMEUTS. 4€7

Voici un premier fait : tous connaissez tous les effet do caloinel, effets anti plastiques; vous savez que, plus que beaucoup d'autres mercuiîaux, il produit des effets sur les glandes salivaires, et que (a stomatite est la cooséquence hélas! trop fréquente de l'emploi de doses faibles. Âussi^ quand on ^eut obtenir cet effet, on te fractionne, on le donne i doses fUée$, eomroe on dit, petites, nais fréquentes. Dans ces conditions-là, si tous donuee 10, 90 centtf^rammes dans la journée, vous pouvez obtenir en vingt-quatre heuoes de la stomatite. II semblerait, d'après cela, qu'il dût être très dangereux d'introduire de plus fortes doses de calomel. Non : avec des doses élevées, il ne se passe rien de semblable : il se pourra qu'on ait tout simplement des elTcls cholagogues, et pas du tout d'effet du côté de l'entrée des premières voies, que tous les effets se fassent, en un mot^ sentir sur le foie. Il y a mieux : quand vous employez des doses énormes il ne se fait plus rien du tout. Ainsi, dans les Indes, — où les médecins ont l'habitude d'employer le calomel pour combattre un grand nombre d'affections (autrefois surtout; aujourd'hui ils ont modifié un peu leur thérapeutique), des diarrhées reLelles, dès dysenteries, — on a souvent administré des doses de 4, 5, 6 gr. de calomel, qui^ loin d'accroître la diarrhée, la faisaient cesser. Est-ce là de l'homéopathie? Non, cela signifie tout simplement que,, lorsque ces médecins de l'Inde donnaient des quantités considérables de calomel, il n'y avait pas possibilité pour ce calomel d'être, même partiellement, transformé : la masse énorme englobait les substances qui étaient capables de rendre le calomel soluble, et celui-ci traversait l'intestin en jouant le rôle d'absorbant.

Ce fait se montre plus visible avec l'oxyde de zinc. Petites

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doses : effets oauséants et vomitifs; fortes doses : effets absorbants, moyen excellent d^arrèter la diarrhée. Pourquoi? Lorsque vous en donnez peu, il se trouve toujours assez d'acide pour former du lactate de zinc ou du chlorure de zinc; lorsque vous en donnez beaucoup, il se fait un sel tellement basique, qu'en somme ce n'est plus un produit soluble, et le zinc passe, produisant tout simplement les effets d'un absorbant chimique. Vous voyez que ces faits méritaient de vous être signalés.

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