TRENTE-ET-UNIÈME LEÇON
De rhabitudc, de raccoutumancc, influence de la prédisposition organique,
ou de l'état organique local.
Messieurs,
J'arrive à vous parler de la théorie de rhabitudc. Comment est-il possible qu'un organisme qui d'abord se montre si impressionnable, se montre ensuite de plus en plus tolérant, jusqu'au point de paraître insensible à l'action de doses qui pourraient déterminer des accidents graves?
Il y a plusieurs hypothèses à faire, et il est infiniment probable que les diflerentes hypothèses trouvent leur application simultanée, ou par groupe, dans les différents cas.
On peut supposer qu'il y a une deslruction déplus en plus active de la substance nocive à laquelle on s'habitue. On peut supposer qu'il s'en fait une destruction de plus en plus rapide, et qu'alors jamais il n'entre, malgré la pénétration d'une dose assez considérable de substance, assez de celleci, soit dans la circulation, soit dans les éléments des tissus, pour produire les effets nocifs du premier jour. Il semblerait, dans cette hypotlièse, que les carnivores, par exemple, se comportassent par habitude et à la longue, vis-à-vis les substances telles que les ah^aloïdes, à peu près comme les animaux herbivores le font dès le premier jour et à l'état normal vis-à-vis ces mêmes substances. Car il est bien remarquable que, quand on étudie l'action des poisons végétaux sur les lapins, la chèvre, les ruminants, on voit que la différence n'est pas très grande quand on introduit les poisons sous la peau ou dans le système circulatoire, alors