‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 10 sur 148 · EFFETS DES MÉDICAMENTS · texte numérisé non relu

EFFETS DES MÉDICAMENTS

actions élémentaires : mécaniques, physiques ou chimiques, tout cela est entendu. Mais les effets qu’ils produisent sur les organes doivent être l’objet d’une distinction qui jusqu’à présent n’a pas été faite.

Parmi les effets, il y a la même catégorisation à établir que tout à l’heure, c’est-à-dire qu’ils sont, ou physiques., ou chimiques, ou organiques, ou vitaux.

Des effets physiques? Vous appliquez au froid, vous refroidissez.

Des effets chimiques? Il est clair que vous pouvez modifier l’alcalinité du sang en donnant ou retranchant des alcalis; vous provoquez même des combinaisons entre les organes et les substances que vous introduisez : tels sont les effets chimiques.

Ordinairement, ce que vous obtenez, ce sont des effets d’ordre supérieur, organiques et vitaux; et ces effets sont produits par des moyens mécaniques, physiques, aussi bien que par d’autres d’un ordre plus élevé.

Voici par exemple le froid : il ne se contente pas de diminuer la température — je fais du froid un être pour la facilité du discours — il produit aussi autre chose, il détermine la rétraction des vaisseaux, la corrugation du tissu dartoïque de la peau. Voilà par conséquent des phénomènes d’ordre élevé, organique.. Eh bien, on peut dire que presque toujours les agents inférieurs, mécaniques, ou doués simplement de propriétés appartenant à la physique générale, provoquent en nous des phénomènes qui sont d’ordre très élevé, organiques proprement dits, et même des phénomènes d’ordre vital, puisque, par une action détournée, ils arrivent à rendre la nutrition ou la désassimilation plus active.

THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE

[Deuxième

En résumé, si nous envisageons ces effets presque communs à tous les agents, effets qui n'ont aucun rapport avec leur nature, nous voyons que ces agents ne sont vraiment que l’occasion de la manifestation des phénomènes qui se passent dans nos organes, et qu’ils se comportent, eu égard àces appareils plus ou moins compliqués, tels que le système nerveux, à peu près comme le doigt qui éclanche un mécanisme.

Quand vous tirez un coup de fusil, ce n’est pas votre doigt qui est la cause de la force du phénomène, pas plus que quand vous mettez le feu à de la poudre.

C’est une petite quantité de chaleur qui est la cause de cette action mécanique, dont vous êtes la cause occasionnelle.

Je le répète, dans un grand nombre de cas les médicaments ne se comportent pas autrement, ils sont l’occasion du départ d’un certain nombre de phénomènes qui appartiennent à l’organisme, lequel est préparé exactement comme une boîte à musique.

Maintenant il reste à vous faire une distinction relativement aux effets des remèdes et des médicaments.

11 y a des effets qui se produisent aussitôt après l’application du médicament ou du remède, et il y en a d’autres qui sont, pour ainsi dire, la négation de ceux-ci et qui sont le résultat de la prédisposition.

Voici un exemple de ces deux ordres de phénomènes. Lorsqu’on lance une douche froide à la périphérie du corps, on voit que le sujet, qui pouvait être rose, devient pâle au moment où l’eau est projetée sur son corps; et si ce n’était pas de l’eau, si c’était de l’air froid, vous pourriez constater que le sujet s’est refroidi; vous voyez aussi qu’il a la chair

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