‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 11 sur 148 · EFFETS POSITIFS ET NÉGATIFS · texte numérisé non relu

EFFETS POSITIFS ET NÉGATIFS

de poule et que toutes les parties se sont rétractées. Mais ce n’est là que l’affaire d’un instant, et si vous attendez quelques secondes vous voyez des phénomènes inverses se produire : la rougeur revenir, les capillaires se dilater, la chair de poule disparaître, et à la place de ce refroidissement se manifeste une calorification exagérée.

Eh bien, ce qui se passe là, à l’extérieur, sous l’influence d’un moyen physique, se produit aussi à l’intérieur sous l’influence des médicaments. Ils donnent lieu à des phénomènes directs, immédiats, positifs, et à d’autres phénomènes différents et dus à la réaction de l’organisme.

Les phénomènes immédiats, je vous propose de les appeler positifs; les autres, phénomènes négatifs des remèdes. Ils sont très positifs aussi, mais enfin ils semblent, pour ainsi dire, la négation des phénomènes propres, particuliers à l’action médicamenteuse.

Pour nous résumer, je vous rappellerai que les médicaments et les remèdes peuvent produire simplement de l’excitation, c’est-à-dire jouer le rôle de l’éperon relativement à la monture, et déterminer la mise en jeu ou l’accélération, si déjà le mouvement existait, des mouvements nerveux. Mais dans beaucoup de circonstances ce sont aussi des moyens d’intégrer delà force, et ils sont alors ce que j’ai appelé des dynamophores.

Enfin, dans d’autres circonstances, les médicaments introduits dans l’intérieur de l’organisme se comportent en vertu d’actions purement chimiques et ils contractent des combinaisons. C’est là un troisième mode d’action très fréquent.

Mais il y en a un quatrième très intéressant, c’est celui-ci : il y a des substances qui, au lieu de ne faire que traverser l’organisme, contractent des combinaisons avec le plasma,

cibler, Thérapeutique. 3

THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE

pénètrent dans la trame des éléments, vivent de l’existence de ces éléments eux-mêmes, aussi longtemps qu’eux, et font par conséquent partie intégrante de l’organisme pendant un certain temps (altérants).

Parmi ces médicaments il y en a qui sont de véritables aliments, comme par exemple le fer, le soufre, le manganèse, l’huile de foie de morue; mais il y en a d’autres qui ne sont que des analogues des substances qui entrent dans la constitution normale de notre organisation, comme par exemple l’arsenic. Cette substance semble prendre la place d’une certaine proportion d’autres substances qui existent normalement et qui lui ressemblent.

J’aurais pu vous citer dans la première leçon des expériences de mon savant ami M. Paul Thénard, qui démontrent que de l’arséniate tribasique de chaux prend la place dans les corpuscules osseux du phosphate tribasique. Vous le voyez : arsenic et phosphore, deux corps voisins. Ces expériences, répétées un certain nombre de fois sur les animaux, confirment complètement la loi que je vous signalais dans la précédente leçon.

Page 1