ROLE DE L’ALBUMINE
naison estsolubre, mais à la faveur des acides. Vous comprenez que quand vous avez un albuminate d’alun insoluble par lui-même, qui n’est pas soluble dans un excès d’albumine, et que vous l’introduisez dans l’estomac, la dissolution s’effectue à la faveur de l’acide qui existe toujours dans le ventricule, soit l’acide phosphorique suivant quelques uns, soit l’acide lactique ou l’acide chlorhydrique suivant d’autres. Vous voyez que, quel que soit le point de vue auquel on observe, on est obligé de reconnaître que la voie stomacale est, au point de vue des dissolutions , le meilleur lieu d’introduction.
Je vous ai fait voir quel est le rôle dissolvant de l’albumine: elle facilite la dissolution de certaines substances insolubles par elles-mêmes. Je vais vous faire voir le rôle de cette albumine à un autre point de vue. Elle joue un rôle qu’on peut appeler suspensif sur la plupart des phénomènes chimiques dont l’économie peut être le théâtre. Tout à l’heure elle favorisait l’entrée des substances actives, je vais vous faire voir qu’elle empêche ces mêmes substances de subir les modifications qu’elles subiraient sans elle.
Yoici par exemple le sulfate de fer ou le carbonate de soude ; par double décomposition ils donnent naissance à nu :el insoluble qui est le carbonate de sesquioxyde de fer. On s’es appuyé sur cette combinaison pour expliquer la manière dont pouvaient être utilisés les sels de fer dans la réparation des globules. On a dit que lorsque du sulfate de peroxyde de fer entrait dans le sang renfermant du bicarbonate de soude, une double décomposition s’effectuait: que du carbonate était mis en liberté, que l’acide carbonique s’échappait et qu’il restait du peroxyde de fer, qui s’attachait aux globules et les faisait rougir. Eh ! bien, non seulement cela ne
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rend pas compte de la façon dont agit le fer,, mais cela n’a pas lieu même dans les laboratoires. Vous n’avez qu’à faire avec une solution albumineuse de bicarbonate de soude l’opération que je viens d’indiquer, et il ne se fera pas de précipité.
Prenez une solution dans laquelle il y a de l’argent, du bromure de potassium et de l’albumine, jetez dans cette dissolution du chlorure de sodium, de manière à produire du chlorure d’argent, et vous ne voyez absolument rien. L’albumine s’oppose à la formation du précipité.
Les métaux de la première section peuvent faire des précipités, mais dans cette même solution les précipités ne se produisent pas. Voilà des cas dans lesquels l’albumine s’oppose absolument à la réalisation des lois de Berthollet.
On dira que peut-être il ne se fait pas de précipité parce que l’albumine est un dissolvant, que la séparation a lieu ; le chlorure d’argent se forme, mais que la précipitation ne s’effectue pas.
Mais voici un autre cas dans lequel cette objection ne peut pas être présentée. C’est le cas de la présence du lactate de fer dans le sang. On l’a introduit soit par injection, soit par absorption. Puis l’on cherche à démontrer la présence de ce clatate de fer dans le sérum sanguin à l’aide du cyanure de potassium et de fer. On doit obtenir une coloration. Or il ne se fait ni le bleu de Prusse ni le bleu français qu’on doit obtenir avec le protosel de fer. L’absence de la coloration bleue est l’indice évident qu’il ne s’est pas fait de bleu de Prusse, en d’autres termes, que la combinaison nouvelle ne s’est pas effectuée. Au contraire, lorsque l’on ajoute de l’acide acétique on aperçoit la coloration. Il a tout simplement modifié la matière albuminoïde et l’a détruite au point de vue
leçon.]