‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 107 sur 148 · ROLE DE L’ALBUMINE · texte numérisé non relu

ROLE DE L’ALBUMINE

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de ses fonctions. Car nous savons que suivant ses modifications elle peut exercer une influence suspensive ou bien rendreles combinaisons très faciles.

Ainsi on se sert des plaques albumineuses en photographie, et cela n’empêche pas la réaction de se produire; mais ici l’albumine est sèche, non modifiée, elle s’oppose à la réalisation d’un certain nombre de phénomènes chimiques qui devraient se passer dans un verre de montre ou dans un verre à expériences.

J’ai dit que si on ajoutait de l’acide acétique, immédiatement on voyait apparaître du bleu de Prusse. Cl. Bernard s’est servi de ce procédé pour démontrer que dans l’estomac le suc gastrique ne se formait que dans les parties les plus superficielles de la membrane muqueuse et non dans la profondeur des culs-de-sac glandulaires. Après avoir introduit dans la circulation d’un animal du lactate de fer, il a badigeonné l’intérieur de l’estomac avec du cyanure jaune de potassium et de fer, et il n’a pas obtenu une coloration bleue, si ce n’est à la superficie, là où existe l’acide capable de provoquer la réaction qui n’eût pas été possible dans les conditions que je vous indiquais, en présence d’une matière albuminoïde. Vous voyez que ces faits sont très curieux, et qu’on peut les considérer comme généraux.

Eh ! bien, cette action suspensive des phénomènes chimiques qui devraient se produire en vertu des lois de Berthollet plus ou moins modifiées, car on y a ajouté naturellement depuis lui, ces phénomènes suspensifs se produisent également dans l’intérieur de l’économie et de la circulation; c’est-à-dire que l’albumine exercera une action isolante sur les substances introduites dans le sang, qui circulent dans le sérum, et qu’elle s’oppose par là à la manifestation d’un cer-

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tain nombre de phénomènes chimiques qui auraient lieu sans elle.

Voici, par exemple, ce même phénomène sur lequel j’appelais l’attention tout à l’heure, de précipitation, lorsqu’il se peut faire une substance soluble introduite dans le sang : Voici un sel de quinine, c’est un alcaloïde, mais rencontrant du carbonate de soude il sera précipité ; il en est de même pour les sels formés par le peroxyde de fer. Si cette précipitation avait réellement lieu, comme le croyait Mialhe, qu’arriverait-il? C’est qu’au fur et à mesure que ces substances capables de donner naissance à des précipités arriveraient dans le sang, il se ferait de véritables embolies capillaires extrêmement nombreuses et qui finiraient par produire des effets fâcheux. Ce sont même ces embolies de quinine que M. Mialhe considérait comme pouvant arrêter la fièvre, il voyait ces particules s’engager dans les capillaires, gêner la circulation et alors mettre obstacle à ces phénomènes d’hématose qui constituent la fièvre! Je le répète, si ces embolies avaient lieu, elles donneraient naissance à des accidents comparables à ceux des laboratoires quand on introduit dans les vaisseaux d’un animal soit des semences de tabac, soit de la poudre de lycopode.

Maintenant il y a encore un autre fait qui, si les combinaisons s’effectuaient dans l’intérieur de la circulation comme dans les laboratoires, n’aurait pas lieu. Les acides minéraux que nous introduisons dans l’estomac pour les faire passer dans le sang (sous la forme de limonade sulfurique ou chlorhydrique) devraient se combiner avec la soude du sang et passer uniquement à l’état, soit de sulfate de soude, soit de phosphate de soude. Par conséquent on n’arriverait jamais à voir paraître un excès d’acide dans les urines. Cepen-

leçon.]

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