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dant, quoique la chose soit difficile, je le reconnais, on peut arriver à modifier la réaction d’urines normalement alcap Unes, comme en présentent un certain nombre d’individus gens en général ayant des fonctions peu actives et du catarrhe des voies respiratoires. La chose est difficile, jefavoue; il faut pour y arriver employer des doses considérables. Par conséquent, voilà des acides qui passent à l’état libre jusque dans la sécrétion urinaire, ce qu’ils ne feraient pas s’ils rencontraient à l’état de liberté du bicarbonate de soude, comme dans l’eau de Vichy ; il se ferait certainement du phosphate de soude. Pereira, dont le livre est classique en Angleterre, rapporte que lorsque l’on introduit dans l’estomac de l’hypochloritede soude, c’est-à-dire ce que nous appelons de l’eau de javelle, les urines recueillies avec soin renferment encore, soit du chlore à l’état de liberté, soit de l’acide hypochloreux. Et dans ces conditions les urines ont encore des propriétés blanchissantes. Tout cela vous démontre ce fait que des substances qui devraient entrer en combinaison avec d’autres qui existent dans le sang, traversent cependant la circulation sans s’être combinées et arrivent dans les sécrétions à l’état de liberté, c’est-à-dire capables de manifester encore leurs propriétés dans l’urine.
Il y a encore d’autres faits très intéressants, c’est que des substances éminemment oxydables peuvent traverser I l’économie sans avoir été oxydées. Gela vous montre qu’à la traversée des organes circulatoires ces substances n’ont pas subi les phénomènes chimiques qu’elles semblaient exiger, et qu’elles n’ont pas pris l’oxygène des globules pour i s’y combiner et passer à un degré d’oxydation supérieur.
Voici un exemple : il n’y a pas de corps plus réducteur que l’acide pyrogallique. Eh bien, cet acide a été introduit
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par Cl. Bernard dans la circulation, et il a été retrouvé à l’état de liberté et sans altération, dans l’urine de l’animal chez qui il avait été injecté. Donc, voilà encore dans le sangune impossibilité à des combinaisons qui sont fatales, indiquées par les lois de la chimie ordinaire.
Le chlorure de baryum (je me plais à vous citer ces faits que j’ai pris la peine de réunir, et qui sont ignorés parce qu’ils sont disséminés dans un grand nombre d’ouvrages) qui est introduit à l’état de sel soluble dans l’estomac, pénètre dans la circulation. Il devrait là, rencontrant du sulfate de soude, se transformer immédiatement en sulfate de baryte, qui se forme avec une telle facilité, que jamais vous ne trouvez dans les eaux minérales de sels de baryte, parce qu’ils passent toujours à l’état de sulfate et par conséquent restent dans le sol. Ce phénomène ne se produit pas dans l’économie, et Wœlher a montré que, si on introduit du chlorure de baryum, on le retrouve dans les secrétions.
Il y a des expériences très intéressantes, mais dont, je l’avoue, j’avais tiré des conclusions un peu exagérées quand j’en ai parlé en 1867-68. Ce sont les expériences d’un chimiste très connu par les observations qu’il a faites, touchant l’influence de l’iodure de potassium, sur la facilité avec laquelle s’éliminent des substances métalliques qui ont donné lieu à des intoxications. Melsens a fait voir que quand on administre de l’iodure de potassium, on fait rentrer les métaux dans la circulation ; je l’ai moi-même fait voir dans un cas d’empoisonnement par l’arsenic. Il s’est occupé d’un sujet très intéressant, à savoir : quelles influences pouvaient, dans l’économie vivante, déterminer des changements chimiques comparables à ceux que nous déterminons dans les laboratoires à la faveur des moyens les
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plus énergiques, tels que les actions mécaniques, les actions électriques. Tout le monde sait que l’on arrive aussi à former ou à détruire certains corps. Il s’est donc demandé si, dans l’économie vivante, le simple frottement, le simple mouvemenl de la circulation aidés d’une température de + 37°, 5 chez l’homme, de + 42° chez les oiseaux, ne pourraient pas déterminer des phénomènes analogues à ceux qui sont produits dans les laboratoires par ces puissants moyens. 11 est arrivé à des conclusions affirmatives, et, chemin faisant, il a rencontré un fait curieux : c’est que si on introduit simplement de l’iodure de potassium, on produit ses effets et pas d’autres ; si une autre fois on introduit du chlorate de potasse, les effets de celui-ci se produisent. Mais ce sont là deux substances qu’on peut considérer, isolées, comme inoffensives. Melsens a montré au contraire que ces deux substances, qui ne réagissent pas l’une sur l’autre lorsqu’on les met dans un verre à expériences, qui restent chlorate de potasse et iodure de potassium, qui n’échangent l’oxygène de l’acide chlorïque avec l’iode que dans des conditions déterminées, quand on fait par exemple intervenir l’action mécanique ou l’électricité, faisaient cet échange dans l’économie, de telle sorte que si on introduit de l’iodure de potassium et du chlorate de potasse dans l’estomac, on donne lieu à des empoisonnements, même mortels, pour des animaux assez volumineux. Ce fait est donc intéressant, mais voici la conséquence que j’en avais tirée.
J’avais pensé que si l’on introduisait les deux substances séparément dans la circulation, l’une par exemple par l’estomac, l’autre par le rectum, ces deux substances absorbées isolément, ne se rencontrant que dans le sérum sanguin, ne donneraient lieu à aucune influence funeste*
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L’expérience, je ne l’ai pas faite, mais j’avais cru en trouver la démonstration dans un fait qui consiste en ceci : on donne à un dogue des doses élevées de chlorate de potasse, puis, trois ou quatre jours après, des doses élevées aussi d’iodurede potassium, et il ne se produit rien de fâcheux. De cette expérience j’avais tiré la conclusion que voici : cet animal renferme encore une certaine proportion de chlorate dépotasse, on introduit immédiatement des doses élevées d’iodure de potassium et aucun phénomène nocif ne se produit, donc ces substances se rencontrant dans le sang ne seraient pas nuisibles, parce que là elles ne peuvent pas subir l’échange nécessaire à la formation de l’iodate de potasse, qui est le seul sel nocif.
Il faut être plus réservé, on pourrait dire que tout le chlorate de potasse a disparu, ou bien que, quoique l’on soit intervenu après la dernière dose, il n’en restait pas dans l’économie une quantité suffisante pour qu’il se formât une quantité notable d’iodate de potasse. Je fais donc mes réserves, mais je suis convaincu qu’en agissant ainsi que je l’ai dit, pour que les deux corps arrivent chacun de son côté dans le sang, on arrivera à démontrer qu’il ne se produit pas de phénomènes toxiques. Je ferai l’expérience, et je vous dirai l’année prochaine si les résultats ont été conformes à ma prévision.
Je vous ai donc montré qu’il y avait absence d’un certain nombre de phénomènes chimiques; je vais vous montrer maintenantque des substances qui déterminent des effets physiologiques énormes, n’en produisent pas quand elles sont en circulation dans le sang. Ce sera la démonstration la plus éclatante de l’influence de l’albumine sur la liberté des corps introduits dans l’économie.
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Vous connaissez tous les effets fâcheux que détermine un vésicatoire ou trop large, ou laissé trop longtemps à demeure, ou fait avec des cantharides d’une extrême énergie, ou appliqué sur une surface qui absorbe très rapidement, comme une région ventousée. Vous savez qu’au bout d’un certain nombre d’heures il survient des phénomènes douloureux du côté de l’appareil urinaire, et que l’action vive déterminée sur les reins, sur la vessie, peut se traduire non seulement par de l’albuminurie, par la présence de fibrine, mais encore par la présence du sang dans les urines en quantité tellement considérable, qu’il en résulte une coagulation en masse dans le réservoir urinaire. D’où dysurie, non à cause de l’oligurie, mais par obstacle mécanique. J’ai vu ainsi des gens qui ne pouvaient plus uriner avant d’avoir attendu la dissolution du caillot. Vous connaissez tous ces phénomènes, mais il est probable que peu d’entre vous ont réfléchi à leur signification.
Vous voyez une surface extérieure qui absorbe une substance active telle que la cantharidine ; les vaisseaux qui viennent d’absorber cette cantharidine et qui en sont remplis à un certain moment devraient ressentir l’influence de la substance toxique. Il devrait y avoir de la phlébite, et même de la phlébite plastique, puisque vous voyez dans les urines de l’albumine et du sang. Eh bien, il n’y a rien dans le système absorbant de la région du vésicatoire. Jamais on n’a vu ni de la lymphangite, ni de la phlébite dans le voisinage d’un vésicatoire, qui a pourtant donné lieu aux accidents les plus graves du côté des reins.
Comment donc cela s’explique-t-il? dira-t-on que cela tient à ce que la quantité de cantharidine aura été énorme dans le rein et que dans la circulation elle était minime : mais
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non! elle était au moins aussi considérable dans les vésicules qui ont servi à l’absorption que dans le rein. Par conséquent ce n’est pas là ce qui peut expliquer les choses, c’est uniquement ceci : la présence de l’albumine.
Cette présence s’oppose à la réalisation des effets physiologiques que peut déterminer la cantbaridine, mais lorsque la cantharidine arrive au contraire dans les reins, c’est-à-dire lorsqu’elle est éliminée avec une sécrétion qui normalement, est exempte d’albumine, elle reprend alors sa liberté, toute son énergie, et elle produit sur les reins, sur le parenchyme rénal et sur le reste de l’appareil, les effels ordinaires qu’elle détermine à la peau, sur les muqueuses, sur toutes les surfaces qui sont en contact avec elle.
Est-ce que vous ne voyez pas là la démonstration la plus éclatante de l’influence de l’albumine sur le jeu des affinités, sur la liberté des substances médicamenteuses ou toxiques introduites dans la circulation?
On peut donc dire d’une manière générale que l’albumine modifie d’une certaine façon les substances médicamenteuses, qu’elle favorise la dissolution d’un certain nombre d’entre elles et, par là, leur introduction dans l’économie, mais que d’un autre côté, une fois ces substances introduites, elle s’oppose à ce qu’elles produisent dans la circulation les effets, soit chimiques, soit physiologiques, qu’elles exercent sur les organes avec lesquels elles sont mises en contact.
Ce que je viens de dire a l’air d’un paradoxe, mais ce paradoxe d’aujourd’hui sera la vérité de demain. Cependant je ne vais pas jusqu’à vous dire que l’influence de l’albumine s’exerce d’une manière absolue et d’une manière générale. Il y a des faits qui semblent indiquer qu’elle n’empêche pas certains phénomènes chimiques de se produire.
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