‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 132 sur 148 · MÉDICAMENTS ASSOCIÉS · texte numérisé non relu

MÉDICAMENTS ASSOCIÉS

il ne suit cette voie en dehors de ces conditions particulières dont il s’agit. Vous ne voyez pas cela avec le sulfate, le lactate ou le carbonate de fer. Voici une autre circonstance encore où des substances secondaires, accessoires, peuvent venir ajouter quelque chose aux effets de la substance principale : c’est lorsque ces substances, tout en ayant une activité moindre que la substance principale, agissent exactement dans le même sens, sont de véritables synergiques et peuvent être considérées comme des succédantés de la substance principale.

Les amers nous en offrent un exemple. C'est une chose remarquable de voir que les amers , quelle qu’en soit l’origine, exercent une action toujours la même, à l’intensité près. On peut dire que l’action est identique, et tellement identique que, lorsque vous faites agir une solution un peu concentrée de principes amers, par exemple du quassia amara, et lorsque vous introduisez cette solution cencentrée sous la peau d’une grenouille, vous déterminez du létanos, exactement comme avec la strychnine. Des faits analogues sont observés avec les autres amers, en sorte qu’il semble qu’il y ait là tout simplement une courbe décroissante depuis l’amer principal, c’est-à-dire la strychnine, jusqu’aux amers fournis par les plantes indigènes, et qui ne diffèrent que par l’intensité de leurs effets. Il est clair que si vous associez ces différentes substances les effets s’ajoutent et qu’on obtient une préparation complexe qui est très active.

Les émétiques sont eux-mêmes dans le même cas. Ils se partagent, comme vous le savez, en deux catégories. Ceux qui font vomir en agissant sur la périphérie, et ceux qui au contraire agissent sur le bulbe ; ceux qui agissent à la

INTOLÉRANCE

ITrcnle-deuxième

manière de l’embarras gastrique et ceux qui agissent à la manière de la méningite. Ces émétiques peuvent s’associer par catégories. Rien n’est plus commun que de voir donner lsr,50 d’ipéca et 50 centigrammes de tartre stibié. Cette association est très heureuse, et fait plus sûrement vomir qu’avec chacun d’eux séparément. Seulement, on pourrait de même associer les différents émétiques qui agissent sur le bulbe. Les purgatifs exosmotiques, qui sont plutôt des purgatifs diacriniques, se prêtent, vous le savez, un mutuel secours; ils sont presque toujours associés dans les formules que nous prescrivons ou bien dans la nature, comme dans les eaux minérales amères, qui toutes ont à peu près la même composition, venant d’ailleurs des mêmes terrains.

Il y a aussi une autre circonstance dans laquelle on voit s’ajouter un effet auxiliaire aux effets principaux, c’est lorsque nous associons par exemple des stupéfiants qui n’ont pas une manière d’agir semblable, mais, qui n’en ont pas moins au fond des manières analogues d’action. Les uns se portant sur une division, les autres sur une autre du système nerveux. Voici par exemple des formules dans lesquelles on met de la belladone, de l’opium, de l’éther et de l’eau de laurier-cerise : eh bien, ces substances, qui portent leurs effets sur des divisions distinctes du système nerveux, associées, produisent des effets qui vont dans le même sens, se prêtent mutuellement secours. L’opium agit de préférence sur les hémisphères cérébraux, la belladone produit des effets plus notables du côté de l’appareil visuel et prédispose aussi au sommeil, l’éther est un moyen de diminuer la sensibilité générale, l’eau de laurier-cerise exerce son influence sur l’hématose. Eh bien, par cette combinaison de moyens on arrive

leçon.]

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