‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 134 sur 148 · TRENTE-TROISIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-TROISIÈME LEÇON

Antagonisme de la morphine et de l’atropine, de l’antagonisme thérapeutique en général.

Messieurs,

On a fait beaucoup de bruit autour de l’antagonisme de la morphine et de l’atropine. Notez que je ne regrette pas qu’on ait mis en lumière l’antagonisme de l’opium et de la belladone; il avait été indiqué par Giacomini, par Corrigan, et plusieurs médecins avaient fait usage de cette notion pour combattre un certain nombre d’affections. Graefe, le premier, a eu l’idée, en face d’affections cérébrales avec myosisme, de donner la belladone, se disant que, puisque la belladone détermine la mydriase, il était probable que, quand spontanément il existe un état morbide accompagné de rétrécissement pupillaire, la belladone doit avoir de bons effets; et inversement, il a donné l’opium dans les conditions où il voyait la pupille grande. En effet, il a obtenu des résultats thérapeutiques considérables. J’ai moi-même suivi cet exemple, et dans bien des cas j’ai eu à me louer d’avoir marché sur ses traces. Tout récemment encore j’avais à Beaujon une femme qui avait été apportée avec un délire aigu : on lui avait injecté 5 centigrammes de morphine sous la peau, on lui avait donné 5 grammes de chloral, je ne sais combien de bromure de potassium. Quand j’arrivai à la visite elle était dans un état d’agitation que rien n’avait pu vaincre, elle avait les yeux injectés, ébrieux, les pupilles étroites; je pensai que dans ce cas ce n’était pas l’opium qui agirait, que ce serait une substance qui augmente les dimensions de la pupille : l’atropine.

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