‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 143 sur 148 · INFLUENCE DU TEMPÉRAMENT · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU TEMPÉRAMENT

actions chimiques et physiologiques, le sang semblerait avoir de l’importance; pour nous, car j’espère que vous êtes venus à partager mon opinion, qui pensons que le sang n’est, pas le théâtre habituel des actions médicamenteuses, qu’il n’est qu’un intermédiaire entre l’extérieur et les organes sur lesquels doit s’exercer l’influence des différentes substances introduites, nous n’attacherons pas la même importance au sang au point de vue positif; mais nous vous dirons que ce qui a le plus d’importance, c’est la masse plus ou moins considérable des solides dans lesquels vont se diffuser les substances médicamenteuses.

Il est clair que plus le cerveau sera gros, plus il faudra de morphine pour amener le sommeil, engourdir les cellules de la substance corticale. Vous en direz autant pour les autres parenchymes, les autres appareils de l’économie. Mais le sang a aussi son importance, et s’il n’a pas l’importance positive qu’un grand nombre de médecins lui attribuent, il a une importance négative, car il renferme de l’albumine. Par conséquent, il n’est pas seulement une masse liquide dans laquelle va se diluer une quantité déterminée de substances actives, qui constituera une dilution très faible sous une forme peu active, ou bien dans le cas contraire une dilution moindre sous une forme plus concentrée, et par conséquent une action plus grande. Mais quand les substances actives rencontrent une grande masse de fluide sanguin, non seulement elles se diluent, mais encore elles rencontrent le plasma, qui les dissimule, et cela d’autant mieux que leur proportion est plus faible relativement à la masse sanguine. Par conséquent, vous comprenez que le sang est un moyen de dilution, comme tout à l’heure les tissus; c’est un agent de division: c’est donc un moyen d’atténuation par ce procédé-

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là, et aussi par le procédé de l’incarcération à l’aide de l’albumine. Il est à regretter que nous ne soyons pas en mesure de décider en face d’un sujet, ou même en faisant des catégories de sujets, d’évaluer d’une manière précisela quantité de sang en circulation. Je vous disais qu’on admet que chez l’homme cette masse est d’environ six kilogrammes, chez la femme de cinq, avec des diminutions et des augmentations suivant la taille et les conditions de santé. Eh bien donc, quand le sang est en grande quantité, il y a atténuation de l’action médicamenteuse ; lorsqu’il est en petite, il y a au contraire accroissement; et des substances qui, sous un certain poids, pourraient n’être pas nocives à des sujets vigoureux, le deviendront chez des anémiques.

11 importe déplacer ici une remarque. Ce que nous disons de l’état de pléthore envisagée dans sa totalité, nous nepouvous pas le dire des conditions soit d’hydrémie ou d’anémie d’un organe, soit de pléthore ou d’hypérémie d’un organe. C’est l’inverse, au contraire : c’est-à-dire que si tout à l’heure, dans la masse du sang, la substance était noyée, nous serons obligés de dire, à propos d’un organe, que plus il y aura de sang, plus il ressentira l’influence de la substance thérapeutique. Et cela se comprend si vous ajoutez tout de suite qu’il s’agit ici d’une hyperémie active, non pas de cette hypérémie statique qui fait que les vaisseaux capillaires sont gonflés. Dans ces cas-là, il est clair qu’il n’y aura qu’une petite proportion de substance mise en contact avec les tissus. Si au contraire il s’agit d’une hypérémie active, alors l’irrigation est abondante, et en même temps il y a des proportions plus considérables de la substance active qui sont incessamment mises en contact avec le tissu, prises par lui, et qui par conséquent peuvent exercer leur influence bonne ou mauvaise.

leçon.)

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