INFLUENCE DES CLIMATS
influence sur l’action médicamenteuse que celles qui sont obtenues par l’habitation dans un climat intertropical.
Je vous ai déjà cité, à propos des climats, la capacité bien plus grande des gens du nord pour les alcooliques ; je pourrais vous dire que la saignée est mieux tolérée au midi qu’au nord. C’est pour cela que les théories de Rasori ont eu tant de succès en Italie comme en Grèce, succès plus considérable que chez nous, et surtout que dans le nord.
Je suis un exemple de l’utilité des saignées : je suis resté en Italie baigné dans mon sang, on m’a conduit à l’hôpital de Milan, où on m’a fait 4,3,2, saignées par jour; je suis revenu moins des saignées que de la blessure. Et je me suis demandé souvent, après, si en l’absence des saignées je n'aurais pas eu le tétanos en plein mois de juillet. Eh bien donc, la saignée est très bien tolérée dans le midi. Il est vrai qu’elle l’est très mal dans les pays marécageux, parce que déjà le miasme palustre a anémié le sujet de ces climats. En somme vous voyez que les actions climatériques répondent à une de ces conditions élémentaires dont je vous ai déjà parlé.
Que vous dirais-je des constitutions médicales? Dénomination détestable, car il semblerait que les médecins se fissent ces constitutions-là pour se donner de la clientèle ! Il faudrait les appeler nosogènes. Les constitutions médicales sont après tout des constitutions climatériques, car elles sont en rapport avec les poisons qui naissent dans le sol sous l’influence des températures, des poisons que nous pouvons appeler telluriques proprement dits.
Il y a aussi des régions qui sont à la fois et plus favorisées et plus malheureuses que la nôtre, en ce sens que les productions y sont splendides et les causes de mort plus nombreuses : choléra, fièvre jaune. Yoilà en réalité les éléments
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antagonisme.
[Trente-quatrième
dans lesquels se décompose ce qu’on désigne sous le nom de constitution médicale et qu’il faudrait appeler constitution nosogène.
J’arrive enfin à vous parler des races. Je voudrais pouvoir vous en parler longuement; je ne le fais pas, et pour cause: c’est que je n’en sais pas grand’chose. Il est certain, il y a déjà chez les voyageurs des indices qui nous montrent que des différences plus ou moins notables — ■ on peut même dire considérables — peuvent exister, au point de vue de l’action médicamenteuse, entre les gens qui appartiennent aux diverses races qui peuplent le monde; mais les faits positifs font défaut. En 1869 je remarquai que la race noire, nègre, est remarquable par un fait signalé par les voyageurs : c’est une grande tolérance vis-à-vis des blessures de l’abdomen; tellement qu’il y a une habitude au milieu de ces régions, en Afrique, c’est de s’ouvrir le ventre en présence du peuple et de guérir pour faire croire qu’on est un bonze, un marabout, qu’on est inspiré, marqué du doigt divin. Il suffit d’oser : tous ceux qui osent guérissent. Je vous garantis que vous n’en feriez pas autant, et que si vous vous enfonciez un couteau dans le ventre, vous succomberiez. Cette connaissance, étant déjà arrivée jusqu’à nous, me faisait dire que les nègres doivent tolérer des doses énormes détartré stibié, et j’ajoutais qu’ils pourraient tolérer aussi des doses considérables d’arsenic. Eh bien, mon ami ledocteur Bordier, qui s’occupe avec beaucoup d’ardeur et de succès de la pathologie humaine comparée et de géographie médicale , me remettait un travail du docteur Thaly1, dans lequel l’auteur établit que les nègres supportent des doses énormes de tartre stibié, qu’on peut