‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 17 sur 148 · COMPOSITION CHIMIQUE · texte numérisé non relu

COMPOSITION CHIMIQUE

les mêmes rapports, et pourtant quelle différence entre le sucre et l’acide acétique !

Voici une troisième série, le glycocolle (G4H3Az04), qu’il faut connaître, car cette substance joue un rôle considérable dans une foule de phénomènes thérapeutiques. Quand on a à parler de l’acide benzoïque, on ne peut pas ne pas parler du glycocolle. Eh bien, l’éther nitreux, l’azotite d’éthyle, a la meme composition que le glycocolle et il peut devenir toxique. Mais ici l’activité n’est pas énorme.

Voici un cas plus étonnant. Vous connaissez tous les effets de l’acide arsénieux, si utilisé surtout autrefois comme toxique, alors qu’on ne savait pas s’assurer de sa présence dans un cadavre. L’arsenic, si violent à l’état de liberté, perd toute espèce d’activité lorsqu’il est engagé dans une combinaison qu’on appelle cacodyle. Eh bien, l’acide cacodylique, qui renferme 54 p. 100 d’arsenic, peut être introduit en quantités énormes dans l’économie, sans agir comme poison. Vous voyez qu’ici on a la démonstration évidente qu’à la faveur d’un mode particulier de combinaison, des' propriétés attachées à la matière élémentaire peuvent être dissimulées, de même que tout à l’heure je vous ai montré que des modes particuliers d’arrangement font naître des propriétés qui n’existaient pas.

La composition élémentaire est donc absolument insuffisante pour rendre compte des propriétés des médicaments ainsi que de leur diversité d’action.

Ferons-nous alors entrer en ligne de compte la constitution chimique et attacherons-nous à cette structure toute l’importance que nous avons été obligés de retirer à la constitution élémentaire?

C’est ici un point de l’histoire de la thérapeutique que je

THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE.'

[Quatrième

dois toucher, parce que ce point a été mis en relief dans un certain nombre de travaux français et étrangers récents. De plus, il est indispensable que vous soyez au courant de ces choses.

Dès 1841, un chimiste anglais, Black, avait déjà dit que c’était la structure moléculaire qui dans les médicaments était importante, que le reste devait être mis dans le second plan. Et il avait poussé les choses très loin, car il s’était efforcé d’établir que des substances très diverses par leur constitution, mais par cela seul qu’elles sont isomorphes, exercent la même action thérapeutique. Seulement il avait oublié que les substances qui cristallisent de la même manière, sont déjà des substances qui sont constituées par des éléments très analogues.

Par exemple prenons le triphosphate de chaux et le triarséniate qui sont isomorphes. Je vous ai montré que ce dernier va dans les os prendre la place du triphosphate. Mais à quoi cela tient-il? Non à ce qu’ils sont isomorphes, mais à ce que leurs constituants sont analogues. Ce n’est donc pas l’isomorphisme qui fait l’identité d’action physiologique; celle-ci est attachée à des analogies fondamentales entre les éléments des corps qui sont isomorphes.

Vous voyez par conséquent qu’il n’est pas possible de se fonder uniquement sur la structure, car l’isomorphisme, d’après toutes les considérations auxquelles on s’est livré, indique la structure moléculaire, comme chaque morceau d’une colonne exprime la colonne tout entière. C’est ainsi qu’on peut se rendre compte de la structure dans les substances chimiques.

Eh bien, il y a des structures semblables avec des différences considérables dans l’action physiologique et théra-

Leçon.]

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