‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 28 sur 148 · MUQUEUSE VAGINALE · texte numérisé non relu

MUQUEUSE VAGINALE

E. Alling, qui est allé mourir de tuberculose à Alger, ont montré sur l’homme et les animaux la non-absorption de la vessie.

Cependant, comment comprendre les assertions contradictoires. Notez bien que les faits observés subsistent; ce qui change, c’est l’interprétation.

Il n’est pas douteux que, dans un certain nombre de cas, des hommes sérieux n’aient eu l’occasion d’observer l’existence des effets généraux dus à l’introduction de médicaments dans la vessie. Comment cela s’explique-t-il ? Cela est très simple : la vessie saine n’absorbe pas, mais la vessie ulcérée est une Voie d’absorption très active, et c’est ce qui fait précisément que Demarquay, qui expérimentait dans des cas où les gens avaient besoin d’être sondés et avaient des affections des voies urinaires, a vu les faits les plus disparates au point de vue de l’absorption.

Tantôt elle ne se faisait pas, on ne retrouvait pas d’iode, tantôt on en trouvait un peu au bout de 4 ou 6 heures, d’autres fois après 35 minutes. Ces différences s’expliquent par les conditions dans lesquelles se trouvait le réservoir urinaire. Lorsque l’absorption s’est faite, c’est qu’il y avait des exulcérations ; quand elle manquait, c’est que la muqueuse était saine et qu’il n’y avait aucune écorchure. Par conséquent il ne faut pas compter la vessie comme une voie d’absorption médicamenteuse. Dans certains cas vous pourrez avoir des effets, mais seulement lorsque les organes génitaux en général seront altérés.

L’urètre répond aux mêmes conditions : quand il est sain, il absorbe très peu; il n’est pas fait pour cela; mais, exulcéré, il devient une voie d’absorption. C’est ainsi que dans un certain nombre de cas, quand on a introduit des bougies

100 VOIES D’INTRODUCTION DES MÉDICAMENTS. [Septième

enduites de belladone, on a vu des phénomènes indiquant un certain degré d’atropisme, c’est-à-dire de la sécheresse delà gorge, de la soif avec une mydriase plus ou moins notable. Ici encore, vous le voyez, ce n’est pas une véritable voie d’absorption, elle n’est qu’accidentelle.

Je vous en dirai autant de la muqueuse glando-préputiale, et cependant il y a un intérêt à connaître les facultés qu’elle présente. On a vu des solutions d’iodure de potassium, déposées entre le gland et la muqueuse, être absorbées assez rapidement pour que l’apparition de l’iode eût lieu dans l’urine, lorsque l’on avait pris toutes les précautions pour éviter sa pénétration directe dans la vessie. Ceci a été noté par de bons observateurs et en particulier par Demarquay.

On pourra dire : A quoi bon savoir cela? Eh! mon Dieu, le voici : c’est que toutes les fois que vous pourrez produire des effets sédatifs locaux ou régionaux, sans faire agir le médicament sur l’ensemble de l’économie, vous devrez choisir ce procédé, attendu que les remèdes très actifs, que nous utilisons dans ces circonstances, ont toujours des inconvénients. Par exemple dans certaines affections nerveuses, telles que les névralgies du col, il pourra y avoir avantage, chez un sujet dont le prépuce est long et par conséquent ou vous pourrez faire demeurer la substance calmante, à employer cette voie, de manière à obtenir une sédation des effets douloureux.

La muqueuse vaginale? Cette muqueuse a été considérée comme pouvant absorber facilement; d’autres ont déclaré qu’elle n’absorbait pas. C’est toujours la même dualité de circonstances qui vous rendra compte de ces faits contraires. Cette muqueuse absorbe mal à l’état sain, bien que probablement un peu mieux que la muqueuse cystique; mais lors-

Leçon.]

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