MUQUEUSE VAGINALE
qu’elle est vascularisée, ce qui n’est pas rare dans la vaginite, dans la leucorrhée, où il y a toutes les fois dépouillement de la muqueuse de son épithélium, et par cônséquent une rougeur plus ou moins vive, et même de véritables ulcérations, alors l’absorption se fait très bien, et tellement bien qu’on a observé de véritables accidents consécutivement à l’application de topiques plus ou moins actifs. Ainsi, par exemple, on a introduit de la liqueur de Van Swieten : l’absorption s’effectue avec tant de rapidité, que, quoiqu’elle ne soit pas un moyen de produire des phénomènes de stomatite, on a signalé des cas dans lesquels on avait eu une sorte d’hydrargyrisme aigu. Il y a aussi des cas dans lesquels on a vu certain degré d’atropisme, de morphinisme consécutifs à l’introduction de ces solutions dans la cavité vaginale. On a vu souvent, par exemple, l’extrait de belladone donner lieu aux phénomènes que je relatais tout à l’heure, c’est-à-dire à de la sécheresse de gorge, à de la soif. On a cité même des cas dans lesquels le chloroforme avait pu être introduit sous forme de vapeurs et déterminer des phénomènes d’anesthésie plus ou moins notables; on a ajouté, et c’est Cl. Bernard luimême, que l’acide carbonique pouvait, introduit par cette voie, déterminer des phénomènes de sédation plus ou moins généralisés.
Je crois que ce sont là des faits exceptionnels. Pour ce qui est du chloroforme cela est constant, puisque les chirurgiens ont ainsi obtenu l’anesthésie, mais pour ce qui est de l’acide carbonique, je doute qu’on soit appelé souvent à vérifier ces faits d’anesthésie, parce que son absorption n’est pas facile, et que, d’un autre côté, l’acide carbonique n’est guère un anesthésique.
J'ai eu l’occasion de l’employer à une époque où quel-
102 VOIES D’INTRODUCTION DES MÉDICAMENTS. [Septième
ques-uns s’en louaient beaucoup, et je n’ai jamais pu constater une véritable anesthésie produite par cet acide carbonique, alors que je remployais en insistant sur le contact de manière à avoir les résultats annoncés.
En somme, ce que je viens de dire de l’absorption par les voies génitales, chez la femme, et je pourrais l’étendre aux surfaces des grandes et des petites lèvres, doit être retenu par vous, parce que s’il est vrai que l’absorption s’effectue difficilement quand elles sont intactes, il est démontré qu’elle est facile lorsqu’elles sont ulcérées. Vous savez quelles sont les dissidences sur les bains médicamenteux : eh bien, il est d’observation qu’ils réussissent mieux chez les femmes que chez les hommes, et il est évident que cette différence s’explique par la différence des muqueuses exposées à l’absorption.
Nous n’avons pas épuisé tout ce qui est relatif aux voies génitales, nous avons à parler de la muqueuse du col et du corps de l’utérus.
Si vous vous référez à l’anatomie, vous verrez qu’ici l’absorption doit être facile, car la muqueuse est d’une vascularité extrême : elle présente un épithélium en desquamation constante, et par conséquent, elle est dans les meilleures conditions pour l’absorption, surtout quand il n’y a pas une grande quantité de mucus sécrété. On a la démonstration expérimentale que cette vue à 'priori a été obtenue dans un grand nombre de cas, et on a essayé de se rendre compte non seulement de la réalité de l’absorption des médicaments par la muqueuse utérine, mais aussi de sa rapidité.
En agissant comme on le fait habituellement avec l’iodure de potassium (les expériences ont été faites par Demarquay), on a vu que ce médicament est absorbé avec une si grande
Leçon.]