PROCÉDÉS
sorption cutanée. Que produisent-ils? La peau rougit d’abord, les petits vaisseaux se dilatent, mais ce n’est pas le fait important. Après cette sorte d’inflammation artificielle, il v a une desquamation considérable de l’épithélium qui tombe quelquefois par larges lambeaux; en tous cas il se détache en écailles, et alors il reste une surface un peu rouge encore et en même temps une surface recouverte d’épithélium mince, pelure d’oignon et au travers duquel l’absorption s’effectue d’une manière active. Tels sont les moyens de diminuer la résistance de l’épiderme.
11 est encore d’autres manières de rendre perméable la couche épidermique : elles consistent à la débarrasser des matières qui la recouvrent. On emploie, à cet effet, l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone; toutes les substances qui sont des dissolvants des corps gras peuvent être employées.
On peut ajouter à ces procédés la macération prolongée dans l’eau pure. Vous savez combien les bains de deux heures, par exemple, finissent par opacifier l’épiderme. Il est alors devenu plus perméable et il peut livrer passage à une petite proportion des substances tenues en dissolution aqueuse. Par conséquent ici, les principes seraient saufs, il } auiait triomphe pour ceux qui croient à la pénétration des solutions de substances actives dans l’eau.
Mais la pratique doit-elle profiter beaucoup de ce triomphe? Non, car il ne s’introduit ainsi que des quantités infinitésimales de substance active sur les effets de laquelle il n’y a pas lieu de compter.
hn définitive, voici comment se résume toute cette discussion : les substances gazeuses ou volatiles sont éminemment
absorbables par la peau, mais elles le sont d’autant mieux cibler, Thérapeutique.
ABSORPTION CUTANÉE
[Douzième
qu’elles se présentent sous la forme plus décidément gazeuse ou sous la forme de substances volatilisées.
Au contraire, les substances qui sont simplement solubles dans certains véhicules ne traversent la peau qu’avec plus ou moins de difficultés.
Quand elles sont solubles dans les corps gras, elles peuvent arriver au contact du réseau superficiel et être absorbées, c’est le cas d’un certain nombre de topiques.
Quand elles sont en dissolution dans l’eau, l’absorption est presque impossible; elle s’effectue, en tout cas, avec une extrême lenteur. Il y a cependant une distinction à établir ici et déjà je l’ai fait.
Il y a des régions dans lesquelles l’épiderme ne présente pas les conditions qui mettent un obstacle presque absolu à l’absorption des substances : tel est l’épiderme des mains ou celui delà plante des pieds. Ici, pas de glandes sébacées, pas d’enduit gras; des conditions favorables à l’absorption; plus à l’absorption gazeuse qu’à l’absorption aqueuse, mais encore possibilité d’absorption aqueuse.
J’en dirai autant à peu près de certaines régions telles que les aines et les aisselles, qui ont été souvent choisies par les partisans de la méthode cutanée. Dans ces régions il n’y a pas les mêmes conditions que partout, c’est-à-dire qu’à la place des glandes sébacées il y a des glandes très bien décrites par Ch. Robin1, glandes en grappes qui versent un produit qui n’est pas du tout du sébum. Par conséquent ces glandes ne donnent pas lieu à une lubrifaction de l’épiderme comparable à celle qu’on observe dans les autres régions. Là, en effet, l’absorption s’effectue d’une manière
1. Robin, Dictionnaire de médecine , 14°édition. Paris, 1878, p. 679, article