MÉTHODE HYPODERMIQUE
après avoir appliqué l’appareil sur la peau, puis on la lâche. L’espèce de brosse constituée par les aiguilles, pénètre dans la peau, et comme ces aiguilles sont chargées d’huile de croton, elles représentent autant de petites inoculations faites avec la lancette. De cette façon, l’huile de croton est portée à une profondeur considérable et excite une irritation très vive. Mais faut-il élever ce procédé à la hauteur d’une doctrine comme on le fait en Allemagne? Non.
J’arrive à la méthode hypodermique , c’est-à-dire à l’une des plus grandes conquêtes de la thérapeutique moderne. C’est le moyen le plus parfait d’assurer les effets des médicaments et de les mesurer. C’est donc la voie la meilleure au point de vue pratique et aussi au point de vue de l’interprétation des phénomènes, attendu qu’il n’y a rien de plus important, quand on veut tirer des conclusions, que d’être sûr de ce que l’on a fait. Or, avec les voies stomacale, endermique, respiratoire, nous n’avons jamais la certitude d’avoir introduit tout ce que nous voulions introduire, et par conséquent nous ne pouvons mesurer les phénomènes à leur cause. Or, avec la méthode hypodermique, nous avons tous ces droits, parce que nous sommes sûrs de ce que nous introduisons ; les résultats doivent être proportionnés à ce que nous avons introduit, parce que rien ne se perd et qu’il n’y a pas de causes de destruction. Nous avons là des éléments de conviction qui n’existent dans aucune autre méthode, ce qui vous donne la mesure de son importance.
Vous la croyez probablement très récente? Eh bien, à ma connaissance, la première idée de la méthode hypodermique est venue à Fourcroy, à l’illustre chimiste qui a tant fait pour la science médicale !
En 1785, il dit quelque part : Pourquoi n’introduit-on pas