‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 63 sur 148 · CONDITIONS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

CONDITIONS CHIMIQUES

se borne à un peu de dureté et le plus souvent on ne voit pas la trace de l’endroit où Ton a fait l’injection. Vous le voyez, puisque 3 grammes d’alcool sur dix ne produisent pas d’effets irritants, il ne faut pas non plus trop se défier de ces actions topiques des adjuvants de l’eau. Cependant, si on allait beaucoup au delà, on pourrait arriver à une irritation vive et dans certains cas même à l’escarre. Ainsi des escarres ont été produites par de F alcool pur, employé pour dissoudre de la quinine. Il est vrai que c’était chez un cholérique qui vomissait tout, et que ne pouvant pas obtenir de dissolution assez concentrée par d’autres moyens, j’avais employé de l’alcool. Dans ce cas, les tissus étaient tellement desséchés que l’injection produisit une petite escarre superficielle.

Quelles sont les substances actives auxquelles convient l’alcool comme moyen adjuvant de dissolution? Ce sont les alcaloïdes. Et cela se comprend. Vous savez que les dissolutions s’effectuent toujours entre substances voisines et les combinaisons entre substances disparates. L’alcool est assez voisin des alcaloïdes; en outre les alcaloïdes sont voisins des substances grasses et les substances grasses sont solubles dans l’alcool; c’est donc par l'alcool que l’on pourra favoriser la dissolution des substances grasses et des résinoïdes.

A quoi peuvent servir les acides? Ils sont utiles pour favoriser la solution des métaux et pour rendre plus solubles les sels neutres, les sels acides étant plus solubles que les sels neutres. Vous comprenez donc que lorsqu’on ajoute de l’acide à un sel neutre, on favorise sa dissolution. A plus forte raison, quand on ajoute de l’acide à un oxyde ou à un métal. Je prends pour exemple le calomel, qui est insoluble; transformez le protochlorure en bichlorure, vous avez un

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sel soluble; de même ajoutez à du mercure assez d’acide pour le rendre soluble, vous pourrez l’introduire par la méthode hypodermique.

Je vous en dirai autant d’un grand nombre de substances organiques. La strychnine est insoluble et ses sels sont solubles; l’atropine l’est peu et son sulfate l’est beaucoup; le chlorhydrate de morphine est six ou huit fois plus soluble que la morphine. Vous voyez donc que l’addition d’un acide est un moyen de favoriser la dissolution.

Il y a cependant des cas dans lesquels cela n’existe pas : la caféine n’est pas plus soluble salifiée qu’à l’état de liberté; mais c’est là un fait exceptionnel. Le sulfate de quinine neutre est un sel qui est peu soluble, car il n’est soluble que dans 740 parties d’eau; un gramme demande donc 740 grammes d’eau pour se dissoudre ; tandis que le sulfate acide de quinine se dissout dans onze parties d’eau. Aussi a-t-on toujours employé du bisulfate de quinine obtenu par un procédé différent.

On croit généralement que pour avoir du bisulfate de quinine, il faut ajouter au sulfate neutre un acide puissant comme l’acide sulfurique. Eh bien, cela n’est pas nécessaire : on obtient le sulfate acide de quinine à l’aide d’un acide faible. Celui-ci partage la base et il en résulte un sulfate acide, puisque l’acide sulfurique d’abord combiné avec toute la quantité de base, n’est plus combiné qu’avec une fraction.

C’est ainsi que Cl. Bernard a pu avoir une solution au 12e en ajoutant de l’acide tartrique; on pourrait ajouter également de l’acide citrique et, par conséquent, accroître dans la proportion de 11 à 740 la solubilité du sulfate neutre de quinine.

A quoi servent les alcalins? Eh bien, les sels tels que

leçon.]

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