RÉGIONS SPÉCIALES
anatomique avec la région qu’il s’agit de modifier. Vous avez besoin, par exemple, d’agir sur le cœur, sans doute il bat dans le cinquième espace intercostal et sous la partie voisine; il semble donc naturel de porter là les substances actives; mais il faut aussi tenir compte d’une autre considération, ce sont les connexions vasculaires entre la région et le cœur lui-même.
Ces connexions sont dans le creux épigastrique. Gela a été démontré par un chirurgien militaire. C’est encore dans cette région qu’il faudra porter les substances que vous destinerez à agir sur le bulbe, car il est établi par les physiologistes qu’il y a une connexion intime, au point de vue fonctionnel, entre la région épigastrique et le bulbe; et que si l’on veut agir sur le bulbe de façon à annuler ses fonctions, si on veut mettre fin à une syncope, c’est là qu’il faut s’adresser. Si, par exemple, vous avez affaire à des gens sidérés par une chloroformisation trop intense, c’est sur cette région qu’il faut faire porter tous les révulsifs et notamment l’électricité.
J’en dirai autant pour les substances médicamenteuses à introduire sous la peau, quand vous aurez l’intention d’agir sur le bulbe lui-même.
Vous le voyez, il y a des cas dans lesquels, par suite de relations fonctionnelles entre régions éloignées, c’est sur la région en connexion que vous devrez porter l’action médicamenteuse.
Mais ce que je viens de vous dire suppose qu’il y a une action maxima exercée autour de la région même, dans laquelle on a déposé la substance active plus puissante que ! sur le système tout entier. Cela existe, je vous le démontrerai. Bien qu’un certain nombre de bons esprits aient sup-
INJECTIONS HYPODERMIQUES
[Quinzième
posé que les médicaments déposés sous la peau n’agissaient qu’après absorption, il ressort de l’étude attentive de tous les faits qu’il y a une action topique considérable et que, plus vous vous rapprochez de la région qui est affectée, plus vous obtiendrez de résultats favorables. Certainement, l’injection est le meilleur moyen de porter dans la circulation la plus grande quantité de principe actif, et dans le moindre délai possible, mais il ne s’ensuit pas que l’action topique ne soit pas prépondérante.
Parlons du procédé opératoire qu’il faut employer pour réussir. Il ne faut pas croire que la petite opération de Wood soit aussi simple que semblent l’indiquer l’instrument et l’absence apparente d’obstacles, sur le chemin de la substance médicamenteuse. Il y a des difficultés qu’il faut que vous connaissiez. Il y a d’abord quelques précautions à prendre avant l’opération, précautions qui se rapportent à l’instrument, à la solution, au sujet.
Relativement à l’instrument, il y a une précaution indispensable ; c’est de l’essayer à chaque fois, pour voir si’le piston ferme bien, si l’aiguille n’est pas bouchée. J’ai vu ce fait désagréable arriver en ville. Toutes les fois, en outre, que vous aurez pratiqué une opération à des malades qui seront capables de fournir un contage, il faudra avoir le soin, suivant le précepte de M. Pasteur, de laver votre instrument avec de l’alcool. Vous savez qu’on transporte à merveille la syphilis par la vaccination. Il suffit que vous sachiez que cette transmission est possible, pour vous défier de l’usage d’une aiguille non lavée. A plus forte raison si vous avez fait une injection à des gens atteints d’une maladie grave, telle que la diphthérie.
Du côté de la solution il y a des précautions à prendre. Il
leçon.]