‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 69 sur 148 · TITRE DE LA SOLUTION · texte numérisé non relu

TITRE DE LA SOLUTION

faut que la substance active soit de bon aloi, cela va de soi ; il faut que la solution soit titrée, je vous ai dit pourquoi ; il faut aussi que la solution ne soit pas à un titre trop élevé. En effet, il n’est pas rare du tout que des substances aient été parfaitement dissoutes au moment où elles ont été introduites dans le liquide, qui devait leur servir de véhicule, mais comme la solution était saturée, il arrive que Ton a une précipitation de cristaux, au bout d’un temps plus ou moins long.

En d’autres termes, il y a, quand on fait une solution, une simple division à l’état moléculaire, comme cela se voit pour la fibrine du sérum sanguin ou bien pour les phosphates des urines, qui se troublent parce que les molécules de phosphate et de carbonate, qui étaient à l’état de division excessive et invisibles dans ce liquide, finissent par se réunir et par constituer une molécule, qui se précipite ou bien surnage et forme cette pellicule irisée que l’on connaît sous le nom de couche grasse des urines.

C’est quelque chose d’analogue qui se fait dans les solutions, surtout quand elles ont été préparées à une température supérieure à celle qu’elles possèdent ensuite. Or, il ne faudrait pas croire que cette précipitation n’ait qu’un seul inconvénient; elle en a plusieurs. Elle diminue le titre de la solution, et cela n’a pas lieu seulement d’après le coefficient de solubilité, aux différents degrés thermomé- I triques que présente la substance active. Vous pourriez | penser que si elle est soluble au 10e à la température I de +20, au 9e à + 15, c’est 1/9 de la substance qui a disparu et qu’il suffit de la filtrer. Non , il y a plus que cela. Les physiciens et les chimistes savent que lorsqu’une solution saturée a laissé précipiter des cristaux, ce qui reste en dissolution est à un titre inférieur à celui qu’indique la

INJECTIONS HYPODERMIQUES

[Quinzième

théorie. C/est-à-dire que pendant que des cristaux se précipitent, ils entraînent avec eux une certaine proportion de substance, qui aurait dû rester en dissolution. Puis, il y a aussi cet inconvénient d’introduire dans la seringue des cristaux détachés de la paroi : or j’ai vu un cristal introduit dans l’aiguille, la boucher complètement, et comme je continuais à pousser le piston, j’ai eu tout simplement séparation de la canule d’avec le corps de pompe, et toute la matière se répandit. En outre quand un cristal qui a pu passer est introduit sous la peau, il joue le rôle d’une véritable épine qui agit non seulement par son action mécanique, mais aussi à titre de corps chimique et détermine un certain nombre d’inconvénients sur lesquels nous aurons à appeler votre attention .

Il faut que la solution soit ici bien conservée et il y a des choses intéressantes à vous faire connaître. La solution doit être bien conservée, parce qu’au bout d’un certain temps, toutes les solutions hypodermiques finissent par se troubler. Le trouble n’est pas dû à une précipitation de substance active, mais à la présence de spores d’abord , puis de filaments simples qui finissent par se ramifier, filaments constitués par des végétaux inférieurs appartenant au genre leptomitus. Ce sont des algues filamenteuses. On pourrait aussi dire que ce sont des mucédinées; mais je ne tiens pas beaucoup à cette nuance, parce que je n’ai jamais pu trouver de différence entre une mucédinée et une algue. On donne bien, comme différence, la présence de matières colorantes dans l’une, mais le même végétal peut présenter une coloration verte s’il a été mis à la lumière. Ainsi la sulfuraire dont je vous ai parlé, est incolore à l’origine des sources, quand elle pousse dans des couloirs plus ou moins profonds; elle devient, au contraire, d’un vert’ émeraude admirable quand elle végète

leçon.]

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