‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 77 sur 148 · DIFFÉRENCES D’ACTION · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCES D’ACTION

voie hypodermique, il n’y aura toujours qu’une certaine proportion de ces substances qui pourra pénétrer à la fois dans les éléments. En d’autres termes, il se passe là quelque chose de comparable à ce que je vous ai décrit lorsque je vous ai parlé de l’oxygène. Je vous ai dit qu’on pouvait introduire dans les voies respiratoires de l’oxygène pur, à larges doses et que cet oxygène ne donnait pas lieu à des phénomènes d’excitation, à une combustion plus active, que l’hématose n’en était pas considérablement excitée; mais que cet oxygène pur qu’on avait inhalé restait en provision, et qu’alors on pouvait suspendre la respiration pendant un temps beaucoup plus long, après cette inhalation, qu’après celle de l’air ordinaire. Gela tient, vous disais-je, à ce qu’il n’y a qu’une certaine proportion de l’oxygène ingéré qui.soit employée à la fois, proportion elle-même en rapport avec le nombre des globules sanguins. Ils n’en peuvent prendre qu’une certaine quantité, le reste sert à des respirations ultérieures.

Eh bien, je le répète, il y a dans les effets des substances dont il s’agit ici quelque chose d’analogue à cela; vous avez beau en introduire une très grande quantité à la fois, il n’y en a qu’une portion qui agisse, c’est celle qui est prise par les éléments histologiques.

11 reste maintenant à vous montrer quelques applications de ces principes. Je vous disais qu’on pouvait comprendre de la sorte comment certaines substances agissaient presque aussi bien par les voies digestives que par injection , et comment, pour d’autres, c’est le contraire qui a lieu.

Voici la morphine; d’une part elle est très stable, d’autre part elle a besoin de pénétrer dans les éléments histologiques du système nerveux; deux conditions qui font qu’elle

INJECTIONS HYPODERMIQUES

[Dix-septième

peut être introduite par l’estomac, puisqu’elle se détruit peu et qu’elle demande un certain temps pour s’introduire.

La quinine n’est pas dans les mêmes conditions ; elle se détruit dans le sens réel du mot, — destruere , perdre sa structure. — Elle devient facilement de la quinidine et de la quinicine, quinidine qui est presque sans action, et quinicine qui n’en a plus du tout. Vous comprenez donc que la quinine, sans disparaître (car vous prendriez les matière contenues dans la cornue stomacale, vous y retrouveriez votre alcaloïde), peut devenir dans l’estomac ce reste qu’on retrouve dans les urines. Car lorsque vous avez introduit dans la circulation un gramme de sulfate de quinine, vous retrouvez dans les urines 85 centigrammes d’un alcaloïde isomère avec la quinine ; c’est de la quinidine ou de la quinicine. C’est ce genre de destruction qui empêche la quinine d’agir à peu près aussi bien par la voie stomacale que quand elle est introduite par la peau.

Elle a besoin de pénétrer dans les éléments du tissu nerveux; mais elle résiste moins que les alcaloïdes de l’opium introduits dans l’estomac: aussi y a-il un écart du simple au quintuple quand on compare l’action des deux modes d’introduction.

Un mot maintenant sur les accidents locaux des injections, avant de vous donner un jugement sur la valeur de la méthode hypodermique.

Les accidents locaux peuvent être divisés en accidents actuels traumatiques et en accidents ultérieurs dus à l’activité propre des substances employées.

Le premier de tous les accidents, celui qui se présente encore assez fréquemment, c’est une douleur vive, aiguë, déchirante, produite dans une région plus ou moins circon-

leçon.}

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