‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 78 sur 148 · ACCIDENTS LOCAUX · texte numérisé non relu

ACCIDENTS LOCAUX

scrite et qui est due à ce que l’aiguille a rencontré un filet nerveux. Gela n’est rien du tout, cette douleur ne persiste pas.

Un second accident, qui peut avoir, dans certains cas, un peu plus de gravité, c’est la pénétration de l’aiguille dans l’intérieur d’un vaisseau passablement volumineux. Il en peut résulter deux accidents secondaires : ou bien une petite hémorragie qui effraye beaucoup les sujets pusillanimes, hémorragie intérieure, espèce de petit trombus qui laisse une ecchymose; ou bien, dans un certain nombre de cas, l’accident grave dont je vous ai parlé dans la dernière leçon et qui frappe d’une sorte de sidération le sujet chez lequel l’introduction delà substance s’est faite d’une manière directe dans le système veineux. Alors on peut assister à une scène émouvante : perte de connaissance qui s’accompagne d’une pâleur mortelle, de coma, de stertor.' Quelque chose d’épouvantable! Mais rassurez-vous. Je ne vous dis pas de ne point y regarder; mais il est excessivement rare que ces accidents soient mortels, à moins que vous ne tombiez sur quelqu’un affecté de maladie organique du cœur.

Il y a maintenant un autre petit accident bien léger, mais qui pourrait vous préoccuper, si vous l’ignoriez; c’est un emphysème localisé autour de la piqûre, emphysème quelquefois assez notable. Il a deux origines et peut exister avec toutes sortes de substances; il peut être dû à ce que vous vous y êtes mal pris, à ce que vous n’avez pas fait sortir toute la quantité d’air contenue dans votre seringue, et que vous l’avez introduit en certaine proportion dans le tissu cellulaire. Cela n’est rien. Mais depuis qu’on a fait des injections hypodermiques de chloroforme, on a noté un

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emphysème plus considérable et plus persistant autour de la piqûre. On observe presque immédiatement une crépitation semblable à celle de l’emphysème dû au charbon ou à une rupture pulmonaire. Cet emphysème-là, nous ne savons pas à quoi l’attribuer; mais si vous voulez que je vous dise ce qui me paraît probable, c’est qu’il est dû à la volatilisation du chloroforme, qui est cependant moins volatil que l’éther, mais qui possède encore une tension de vapeur considérable à 37°. Je crois que c’est là la cause de ces emphysèmes qui, en tous cas, ne paraissent pas avoir d’importance.

Je passe aux accidents ultérieurs. Il y a d’abord l’exagération de tous les effets physiologiques des substances introduites sous la peau, puisque je vous ai dit tout à l’heure qu’il y avait des effets considérables produits par les substances dans le lieu de leur injection. Si vous ne proportionnez pas les doses, vous pouvez déterminer des effets toxiques au lieu d’effets thérapeutiques. Par conséquent le remède est à côté du mal.

Viennent enfin les effets qui résultent de l’introduction de ces mêmes substances dans une veine. Ces phénomènes-ci sont inopinés; les autres, vous pouvez les prévoir et par conséquent y parer en employant des doses modérées. Lorsque l’introduction dans la veine a lieu, c’est une autre affaire; vous assistez à ces phénomènes graves dont je viens de vous parler, et vous êtes, un moment, fort embarrassés. Je vous dirai quels sont les moyens de prévenir ces accidents.

Mais j’ai d’abord à vous parler de certains troubles de sensibilité, troubles irritatifs, qui sont déterminés par les substances actives introduites sous la peau. Les troubles de sensibilité sont une exagération des troubles normaux. Je

leçon.]

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