‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 79 sur 148 · NODUS INFLAMMATOIRE · texte numérisé non relu

NODUS INFLAMMATOIRE

vous ai dit que toujours le malade percevait une petite bouffée de chaleur, une cuisson et présentait habituellement une sorte d’érythème. Lorsque les phénomènes se réduisent à cela, et même à une petite plaque d’urticaire , ils n’ont pas grande signification. 11 n’est en plus de même à un second degré : ces phénomènes irritatifs peuvent alors prendre une certaine valeur. Lorsque l’inflammation donne lieu à un nodus inflammatoire, il y a déjà là un petit inconvénient qu’il faut éviter. Ce nodus est en rapport avec deux circonstances; la nature de la substance d’abord : il semble, par exemple, que la picrotoxine ait le don de produire des exsudats plus considérables que les autres substances.

Chez une femme que je traitais pour une paralysie labioglosso-pharyngée et chez laquelle j’avais obtenu un succès assez considérable, puisqu’elle baissait chaque fois que je cessais les injections, au bout d’une quinzaine d’injections, je m’aperçus que ses bras avaient l’air de sacs de noisettes. J’ai eu l’occasion d’observer cela dans un autre cas, mais je ne répondrais pas que ce soit là un fait général.

La seconde circonstance, c’est que ces nodus sont produits par la présence dans la substance qu’on insère sous la peau de corpuscules plus ou moins irritants. Il faut que vous ayez le plus grand soin, quand vous faites une injection, de bien regarder votre solution, attendu que la moindre pracelle de substance minérale, d’une substance organique, d’une algue qui se développe si facilement, suffit ordinairement à provoquer un travail subinflammatoire qui persiste. Et quelquefois au bout de quinze jours, trois semaines, vous retrouvez encore des nodus sous la peau. Voilà les deux circonstances principales dans lesquelles se produisent ces

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nodus. Mais ce n’est là encore que quelque chose de peu d’importance.

Dans certains cas les choses vont plus loin et l’on observe autour de la piqûre non seulement un nodus inflammatoire, mais un empâtement plus ou moins large, œdémato-phlegmoneux, qui inquiète le malade et qui doit vous inquiéter aussi, car il pourrait passer à la suppuration. C’est un véritable accident, qui lui-même a quelque valeur, et qui, en outre, en a une autre en ce sens que, si vous êtes obligé de répéter les injections sur le sujet, la multiplicité de ces abcès finirait, vous en conviendrez, par avoir une certaine importance, car la fièvre traumatique vous empêcherait de continuer le traitement. Ce sont là des accidents fréquents avec certaines substances comme les sels de mercure ou lé sulfate de quinine. Mais ne parlons plus de ce dernier, puisque le bromhydrate vous met aujourd’hui complètement à l’abri des accidents qu’il provoque.

Ce n’est pas tout ; il y a un cinquième degré dans lequel il se fait une plaque gangréneuse. Je ne parle pas de ces plaques déterminées par l’introduction de la substance dans le derme, mais du sphacèle venant à la suite du travail inflammatoire et venant le compliquer par suite de la suppression de toutes les voies d’irrigation de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Ce sphacèle a un double inconvénient : dans le moment même il est fort désagréable, puis plus tard il laisse de véritables cicatrices, des macules indélébiles.

Il n’y a pas un rapport nécessaire entre les différentes affections et les différents accidents qui peuvent être déterminés par les substances introduites sous la peau. On voit des substances qui déterminent une violente douleur et jamais d’inflammation ; on voit des substances qui n’éveillent au-

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