PROCÉDÉ OPÉRATOIRE
autant que possible ces accidents. Il faut, bien entendu, explorer du regard la région sur laquelle vous voulez faire une injection, et éviter toutes les lignes bleuâtres. Vous éviterez aussi, bien entendu, les gros troncs veineux que l’anatomie vous a appris à connaître. Il faut aussi que l’aiguille soit dirigée parallèlement à la direction générale des veines de la région; en général cette direction est aussi celle de l’axe du membre. Il faut aussi que vous dirigiez l’aiguille du centre vers la périphérie, c’est-à-dire du point d’attache du membre vers son extrémité libre. Lorsque en dirigeant ainsi l’aiguille vous avez le malheur d’entrer dans une veine, l’absorption est toujours moins rapide que si vous poussez l’injection dans le sens du courant sanguin. On pourrait ajouter à cela la précaution recommandée par Béhier : c’est d’introduire d’abord l’aiguille seule, pour voir s’il ne sort pas une goutte de sang ; puis, s’il ne sort rien, de faire l’injection. Mais ce procédé ne donne pas toute espèce de garantie, et voici pourquoi : il y a d’abord à craindre une inquiétude vaine, qui peut résulter de la sortie de quelques gouttes de sang, sortie en rapport avec les conditions du tissu cellulaire. Il peut y avoir aussi une fausse sécurité, parce que si vous avez introduit votre aiguille le long de la paroi d’une veine, il se peut que quand la pression ne s’exerce pas en sens rétrograde, il n’y ait pas de reflux dans l’intérieur de la canule, et même quand cela serait, il se peut que la canule soit tellement petite que cela ne suffise à empêcher la sortie du sang. Vous pourrez donc avoir une sécurité trompeuse, et par conséquent ce procédé ne vous met pas complètement à l’abri des accidents.
GUBLER. Thérapeutique.
DIX-IIÜITIËME LEÇON
Méthode hypodermique. — Acupuncture. — Transfusion.
Substances auxquelles la méthode hypodermique ne saurait convenir; inconvénients de la méthode; ses avantages dominent.
Acupuncture, électro-puncture, méthode des injections parenchymateuses dites substitutives; théorie et critiques de la substitution.
Introduction des médicaments par le système vasculaire, histoire de la transfusion ; principes.
Messieurs,
Outre les inconvénients qui sont attachés à la méthode des injections hypodermiques, il faut reconnaître que cette méthode n’a pas toujours la supériorité que nous avons admise par rapport aux autres voies d’introduction. Par exemple on voit des sujets — le fait est, il est vrai, exceptionnel — qui sont à peu près aussi sensibles à une matière telle que l’atropine, lorsqu’elle est introduite à la dose d’un ou deux milligrammes dans les voies digestives, que quand elle est introduite dans le tissu cellulaire sous-cutané. C’est un cas rare, mais je devais vous le signaler.
Il y a enfin des infériorités attachées à la méthode hypodermique. Par exemple, il est impossible d’introduire des substances qui ne peuvent agir qu’à doses massives : le nitrate de potasse. Il en est de même de l’huile de foie de morue et de toutes les autres substances qui demandent à être introduites à doses considérables, relativement à celles que peut tolérer le tissu cellulaire.
Il en est de même des matières alimentaires. Je vous ai bien dit au début de l’exposition de cette méthode qu’on avait été jusqu’à introduire des substances pouvant servir d’aliments, mais on les a introduites en si petite propor-