ACUPUNCTURE
concluants que ceux qui ont été obtenus en Angleterre, par Fraser par exemple, sur les principaux alcaloïdes et sur leurs actions réciproques.
J’arrive maintenant à vous parler d’une autre voie d’introduction : le tissu cellulaire profond, les organes profonds, les ganglions lymphatiques. Cette méthode d’introduction dans la profondeur même des organes a pris, dans ces derniers temps, un certain développement, mais elle n’est pas très jeune, malgré cela.
Il y a une cinquantaine d’années on a introduit dans la médecine l’acupuncture qu’on empruntait à l’extrême Oriem, et plus tard on y ajoint l’électricité, ce qui a constitué l’électropuncture.- J’ai vu cette méthode jouir encore d’une certaine faveur; j’ai même enfoncé des aiguilles de platine dans la cuisse de gens qui se plaignaient de sciatique, et je l’ai fait sous la direction de mon illustre maître, Lallemand de Montpellier. M. Jules Cloquet a écrit un livre1 dans lequel il a fait ressortir les bienfaits de cette méthode, et cela non seulement sur les récits faits par les médecins étrangers, mais aussi d’après des observations faites par lui-même.
A cette époque, Fabré conçut la pensée, connaissant certains faits relatifs à l’électricité, d’introduire par son aide des substances actives dans la profondeur des organes d’un membre. Une aiguille de platine est implantée dans cet organe à la profondeur qu’on juge nécessaire, pour atteindre le point que l’on veut toucher : cette aiguille est en communication avec une pile contenant une solution telle que du sulfate de cuivre. Il est clair que si l’aiguille est en communication avec le pôle négatif, par exemple, ce pôle trans-
1. Cloquet, Traité de l'acupuncture ; Paris, 1826, 1 vol. in-8.
ÉLECTRO-PUNCTURE.
[Dix-huitième
portera les substances électro-positives qui viendront s’y rendre; la substance ira donc jusqu’à la profondeur des organes porter ses effets. Si au contraire la connexion a lieu avec le pôle positif, ce sera l’inverse, ce sont les substances provenant de la composition de la solution, et qui jouent le rôle de corps électro-négatif, qui seront transportées, qui viendront se diriger du côté du pôle positif. Alors nous aurons de ce côté-là l’iode par exemple, le chlore, l’arsenic ou le phosphore.
Fabré a appliqué cette méthode à un certain nombre de cas où il s’agissait de provoquer la résolution d’engorgements chroniques, et dans quelques-uns il paraît avoir obtenu de bons résultats.
Cette méthode est aujourd’hui complètement abandonnée, personne n’y a plus recours. Néanmoins il y a des cas dans lesquels peut-être on pourrait l’utiliser, comme par exemple lorsqu’il s’agit de détruire desmyômes utérins; il ne serait peut-être pas mauvais de porter dans leur intérieur des substances capables de nécroser ces corps. On y a renoncé à cause de la difficulté d’application, et aussi parce que le courant ne transporte pas toujours facilement des substances actives, bien qu’il y ait certaines modifications apportées au dispositif instrumental d’autrefois.
Celte méthode a fait place dans ces dernières années à une méthode qui dérive de celle des injections hypodermiques en ce sens qu’elle a pour instrumentune seringue de Pravaz plus ou moins agrandie. C’est la méthode de mon ancien disciple M. le professeur Luton de Reims l. Placé en face d’un certain nombre de cas rebelles aux moyens ordinaires, comme par exemple ces énormes ganglions lymphatiques du
1 Luton, Traité des injections sous-cutanées à effet local, Paris, 1875.
leçon.]
INJECTIONS SUBSTITUTIVES.
portera les substances électro- positives qui viendront s’y cou qui se prolongent jusque dans l’intérieur de la cavité thoracique, et contre lesquels tout échouait, il a pensé que peut-être si on parvenait à faire sinon résoudre, du moins fondre, par un procédé quelconque, ces tumeurs on aurait fait quelque bien au malade. Il a donc fait ceci : il a introduit une canule, un trocart explorateur plus ou moins fin dans le tissu qu’il s’agit de modifier; cela fait, il attend pour voir quelle est la nature du liquide qui s’écoule, et d’après cet examen, il se décide ou non à pratiquer l’injection qui doit modifier l’organe malade, soit en y provoquant une inflammation plus ou moins violente, soit simplement en déterminant là des modifications dans sa sensibilité ou dans sa nutrition. A la rigueur, cette méthode ne rentrerait pas dans le cadre que je me suis tracé, en ce sens qu’il ne s’agit pas là de faire pénétrer dans la circulation des substances destinées à produire des effets diffusés. Néanmoins, comme dans un certain nombre de cas particuliers, la substance s’introduit dans toute l’économie par cette voie, et que d’ailleurs il est bon de vous faire connaître cette méthode qui est une sorte d’annexe de la méthode hypodermique, je vais y insister un peu.
Cette méthode détermine surtout des phénomènes d’irritation ou même de phlogose plus ou moins avancée, de suppuration et quelquefois même, sans le vouloir, de gangrène. On emploie surtout l’alcool, la teinture d’iode plus ou moins concentrée, le bichlorure de mercure, le nitrate d’argent. Tous les effets qui relèvent de ces différentes substances, M. Luton a de la tendance à les mettre sur le compte d’une substitution.
Or, toutes les fois que j’en trouve l’occasion, je combats