SUBSTITUTION
[Dix-huitième
cette dénomination, parce qu’elle n’est pas scientifique. On veut substituer le bien au mal, une maladie légère à une maladie plus grave, une marche rapide à une marche plus lente. Mais vous voyez que cette expression au point de vue où on se place, n’a pas de valeur : on envisage un but thérapeutique et on exprime le résultat; on croit qu’on a mis quelque chose à la place d’autre chose ; mais ce n’est pas là une véritable action physiologique. Vous allez voir que cette méthode substitutive a créé les plus grands embarras.
Trousseau a appelé cela de la médecine homéopathique . Leshoméopathes en ont tiré parti et ils citent toujours Trousseau comme ayant été des leurs. Il a eu beau protester et s’écrier : «Je disais seulement que c’était une autre inflammation à la place de la première, qui emportait le premier travail à la faveur d’une excitation plus grande; » rien n’y a fait. Je vais vous montrer que cette expression était doublement malheureuse, elle ne répondait même pas à une idée scientifique.
Voici, par exemple, le chlorure de sodium qu’on injecte dans une région où existe de la douleur, on dit : le chlorure de sodium détermine une douleur aiguë, qui se substitue à la douleur chronique. Ce n’est pas cela qu’il faut dire; c’est ceci : le chlorure de sodium détermine une irritation très vive et à la faveur de ce travail qui n’a pas de durée, il s’est produit une sorte d’épuisement nerveux, exactement comme vous le voyez chez les gens sidérés par de grands traumatismes. C’est ce que Dupuytren appelait saignée nerveuse . Mais la douleur momentanément disparue revient bientôt après.
Voici la teinture d’iode qui résout des engorgements : c’est une inflammation aiguë que vous avez substituée à une inflammation chronique. Oui, le travail inflammatoire a été
leçon.]