‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 90 sur 148 · ROLE DU SANG INJECTÉ · texte numérisé non relu

ROLE DU SANG INJECTÉ

Déplus, les globules, ainsi que je vous le disais, sont des centres d’attraction nécessaires, pour que le sang conserve sa constitution normale ; à partir du moment où ils ont assez diminué pour qu’une grande proportion de la plasmine soit libre, il se fait partout des suffusions séreuses qui sont un nouveau danger pour l’existence.

Mais, me direz-vous, tout cela, le sang défibriné le donne. Non, et c’est ici le moment de nous expliquer.

Le sang défibriné apporte des globules morts ou mourants, qui jouissent encore de la propriété d’absorber de l’oxygène et de l’acide carbonique; ils sont aptes, pendant un temps qui n’est pas long, à remplir les fonctions des globules, mais c’est à la condition que leur structure ne soit pas altérée. Or, comme je vous le disais, des globules privés de plasmine sont morts ou mourants, ce qui nous explique pourquoi, dans un certain nombre de cas, les résultats ont été si instantanés et pourquoi dans d’autres il y a eu des phénomènes toxiques. Effets toxiques qu’il est très facile de comprendre depuis les expériences de Paul Bert, puisque nous savons que si on introduit une proportion considérable de globules altérés ou d’hémoglobine en nature dans la circulation d’un animal, non seulement on ne lui fait pas de bien, mais on lui nuit et on peut aller jusqu’à l’empoisonner et le tuer. Aussi y a-t-il des cas dans lesquels, chez l’homme, une forte proportion d’un sang a produit des accidents vraiment toxiques : la paralysie ou la mort. En tous cas, vous disais-je, ce n’est que pendant un court instant que ces globules en train de périr peuvent encore remplir les fonctions attachées à leur structure, et comme j’ai eu l’occasion de le développer devant vous à plusieurs reprises, dans différentes circonstances : les propriétés organiques atta-

TRANSFUSION DU SANG

[Dix-neuvième

chées à la structure sont indépendantes de la vie : la vie peut s’être éteinte dans un organe, et cet organe peut encore conduire un courant nerveux ou bien se contracter sous l’influence des excitants.

Dans le sang complet, qui n’a absolument rien perdu, qui conserve tous les éléments constitutifs qui lui sont indispensables, non seulement le sérum, mais aussi la plasmine ; dans ce sang les globules continuent à vivre et par conséquent la durée de leurs effets est incomparablement plus longue que la durée des effets des globules empruntés à un sang défibriné. Seulement cette durée n’est pas non plus excessivement longue, parce que les globules ne vivent pas très longtemps. Nous ne savons pas combien de temps ils vivent, mais il y a lieu de penser que c’est une affaire de quelques jours sinon de quelques heures. Eh bien, quelques jours d’une activité fonctionnelle communiquée par l’introduction d’un sang étranger, mais c’est le retour à la vie dans un grand nombre de cas !

Maintenant, les globules de sang étranger peuvent-ils arriver à déterminer dans le sang auquel ils ont été injectés la formation de globules autochtones, indigènes? En d’autres termes, par cela seul que chez un animal exsangue ou chez une femme qui a eu des pertes abondantes en accouchant, on vient d’introduire des globules étrangers, ces globules vont-ils avoir le don de développer proprio motu ou bien de favoriser le développement d’autres globules? Il y a des gens qui répondent d’une manière catégorique par l’affirmative ; je dirai moi qu’indirectement le sang étranger peut favoriser la génération de globules rouges dans l’organisme auquel il a été infusé; directement, la chose est douteuse, même on peut d’avance la considérer comme n’existant pas, parce

leçon.. ]

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