CHOIX DU SANG
que les globules ne se reproduisent pas par fissiparité. Par conséquent ils ne peuvent faire qu’une chose, agir indirectement en stimulant l’organisme et par conséquent aussi la formation et la nutrition.
Nutrition, réparation d’organes formés, c’est le même phénomène aussi bien que la fécondation d’après les révélations d’Aristote et de mon maître Lallemand. Je dis donc que par cet intermédiaire d’une excitation provoquée dans l’organisme défaillant il se peut que ces globules favorisent cette formation. Ils peuvent meme y contribuer d’une autre manière, parce que nous savons que les organes se forment dans des conditions de milieu particulières et qu’il suffit que ce milieu présente ces conditions pour que la genèse de ces organes se fasse d’une manière plus active.
Nous savons que les globules sanguins ne se forment pas dans le sang, je crois savoir qu’ils prennent naissance dans le système lymphatique; mais pour qu’ils s’y développent, il faut la présence d’un certain nombre de globules sanguins. 11 y a longtemps que j’ai émis cette pensée, et tout ce que je vois depuis que certaines théories se sont développées en Allemagne, me fait croire que j’étais tout à fait dans le vrai; c’est-à-dire qu’il y a communication entre les lymphatiques et les veines, et que cette communication a pour but ou pour effet d’introduire dans le système lymphatique des globules sanguins, qui sont comme des amorces pour la formation de globules nouveaux. De cette façon on peut comprendre que les globules injectés puissent fort bien favoriser la genèse d’autres globules. Il y a aussi l’influence des masses dont il faut tenir compte.
Cela dit, et maintenant que nous savons ce qu’on peut attendre d’un sang naturel intact, complet, injecté chez les
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sujets qui ont besoin de globules, quelle est l’espèce de sang dont il faut faire choix? Est-ce du sang artériel? est-ce du sang veineux? Eh bien, les plus grandes dissidences existent à ce sujet entre les auteurs.
11 en est qui ne veulent absolument que du sang artériel ou du moins artérialisé ; il y en a d’autres au contraire qui se contentent du sang veineux, quelques-uns même lui donnent la préférence.
De quel côté est la vérité? D’abord je commencerai par vous fixer sur les différences réelles qui existent entre les deux espèces de sang. Elles ont été parfaitement tracées par mon ami Brown-Séquard, il y a bien longtemps déjà.
Il a montré que le sang artériel étaitle meilleur pour augmenter le pouvoir vital de l’organisme. Permettez-moi cette expression empruntée à l’ancienne médecine qui faisait des mots justes : le sang artériel augmente la force radicale. N’agissant pas sur le système nerveux, il n’excite pas cet ensemble de symptômes que je vous ai décrits; c’est un moyen d’augmenter la puissance vitale.
Le sang veineux, suivant le même auteur, est le sang stimulant par excellence, c’est lui qui donne lieu à toutes ces manifestations fonctionnelles dont je vous parlais, mais en revanche il n’augmente pas les forces, le véritable pouvoir vital. Il met donc en activité les fonctions, qui sont simplement plus ou moins languissantes.
En d’autres termes, tandis que le sang artériel augmente les forces radicales, le sang veineux semble augmenter les forces agissantes. C’est aussi une distinction que j’ai cherché à établir entre l’électricité à courants continus et l’électricité à courants interrompus.
L’électricité à courants continus est un moyen de charger
leçon.]