‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 92 sur 148 · SANG VEINEUX · texte numérisé non relu

SANG VEINEUX

les organes ; l’électricité d’induction un moyen de les exciter.

Vous excitez à l’aide de l’induction des contractions d’une grande énergie dans des muscles qui semblaient privés de toute contractilité; avec les courants continus vous obtenez une charge de ces mêmes muscles, qui sont alors capables de se contracter sous l’influence de la volonté. Je vous ai déjà cité des expériences remarquables sur des paralysies faciales, expériences très anciennes dans lesquelles l’irritabilité et la contractilité volontaires semblaient éteintes. A l’aide de courants faibles mais continus on arrivait à infuser, pour ainsi dire, de la force à ces muscles, et si pendant qu’ils étaient sous l’influence du courant on engageait le malade à contracter shs paupières, il fermait l’œil. Sitôt l’appareil retiré il en était incapable. Je vous rappelle ces faits pour mnémoniser les différences relatives au sang artériel et au sang veineux.

D’après ces différences, y a-t-il donc des motifs décisifs pour faire choix de l’un de ces sangs plutôt que de l’autre? Il y a pour les expérimenteurs relativement à ces deux sortes de sang, des motifs qui paraissent également valables.

Brown-Séquard voyant dans le sang veineux un stimulant, pense que c’est lui qu’il faut introduire, parce qu’il va réveiller les fonctions de l’appareil respiratoire et circulatoire; parce que c’est par là que les animaux et aussi les humains périssent, quand ils sont en proie à despertes de sangénormes. Il donne donc la préférence au sang veineux parce qu’il est stimulant. Cependant, dans ses expériences Bischoff à remarqué que le sang veineux tue plus vite un animal que le sang artériel emprunté à un autre animal. C’est-à-dire que si on introduit par exemple du sang veineux de mouton chez une oie, elle périra plus vite que si on lui avait intro-

TRANSFUSION DU SANG

[Dix-neuvième

duit du sang artériel. Ceci ne prouve rien , sinon que les oiseaux qui ont une température moyenne égale à la température maxima ou pathologique des autres animaux, et qui par conséquent ont une grande activité de combustion, périssent plus vite quand on leur injecte du sang déjà brûlé, que si on leur en introduit qui soit capable de galvaniser un moment leur organisation. En somme , l’expérience de Bischoff ne prouve pas grand’chose contre l’utilité du sang veineux.

Néanmoins un grand nombre d’auteurs donnent la préférence au sang artériel, s’appuyant sur la connaissance que nous avons de l’utilité du gaz comburant dans la respiration et par conséquent dans 1q jeu fonctionnel tdut entier. Ils disent, qu’à tout prendre, il vaut mieux introduire dans un organisme du sang tout chargé d’oxygène, parce qu’alors ce gaz déterminera pendant la circulation tous les effets de la combustion, et par conséquent réveillera plus vite l’organisme qui est en train de se détruire. Il y quelque chose de fondé évidemment dans cette manière de voir. Mais je vous ferai remarquer, tout de suite, que nous ne demandons pas, quand nous faisons une transfusion chez un homme, à galvaniser son organisation, mais à apporter des organes qui persistent, qui vivent pendant un temps plus ou moins long et qui soient capables d’entretenir les fonctions du malade aussi longtemps qu’il sera nécessaire pour que lui-même il refasse des globules. Dans ces conditions-là, il importe peu qu’au premier moment on ait un sang chargé d’oxygène ou d’acide carbonique.

D’abord, il est assez difficile d’avoir sans inconvénients du sang artériel. Car on ne peut demander une artériotomie qu’à un animal et non à un homme; cependant il y a une

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