VINGTIÈME LEÇON
Transfusion du sang.
De la quantité de sang à introduire. — Méthode opératoire. — Choix du bailleur. — De la transfusion veineuse. — Effets de la transfusion; médiats et immédiats. — Indications et contre-indications.
Quelle est la quantité de sang à introduire ? Il semblerait au premier abord qu’on dût restituer à l’organisme en souffrance toute la quantité de sang perdu pour lui rendre à peu près son fonctionnement régulier. Il n’en est rien. Non seulement on n’est pas obligé de restituer un kilogramme de sang, mais il suffit de doses très minimes pour produire le remontement; les doses plus considérables seraient superflues, et les doses très considérables seraient véritablement toxiques.
Lorsque l’on introduit des quantités très considérables de sang chez des animaux, on voit survenir des accidents plus ou moins graves, d’origine nerveuse, des troubles du mouvement et de la sensibilité, des convulsions véritables; que cela peut constituer une sidération dans le sens que l’on attribue maintenant à ce mot et finalement la mort par une sorte de syncope rapide. Ces phénomènes s’expliquent par deux mécanismes : d’abord par une sorte de traumatisme, car Waller a démontré que lorsque l’on introduit une certaine quantité de sang étranger, il y a subitement une telle résistance de la part du système vasculaire, qui était déjà plus ou moins distendu, qu’il en résulte tout de suite des in-