‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 96 sur 148 · QUANTITÉ DE SANG · texte numérisé non relu

QUANTITÉ DE SANG

■convénients graves par le fait seul des actions mécaniques. On dit que le cœur étonné cesse de battre. Mais outre cette réplétion vasculaire et tous les phénomènes qui l’accompagnent, il y a aussi un véritable empoisonnement, qui résulte de l’accumulation dans le sang de l’individu qui a reçu le sang étranger, des produits de dénutrition globulaire. Ce sang n’agit pas à la manière des poisons véritables, mais, vous le savez, toutes les fois que l’économie est encombrée par des déchets de dénutrition quels qu’ils soient, il en résulte un trouble profond apporté au jeu de l’organisme. C’est ce que j’ai appelé des empoisonnements passifs.

Si, par exemple, l’urée est en grande quantité dans le sang, et si elle s’oppose à la rénovation organique, au bout d’un certain temps les organes vieillis, usés, ne peuvent plus répondre aux exigences de l’organisme; le malade meurt.

C’est le même phénomène qui se produit lorsque vous avez introduit une grande quantité de sang étranger, dont les globulesne vivant que très peu, finissent par être une cause d’encombrement pour la circulation et par conséquent une cause de diminution d’activité dans toutes les fonctions, loin d’avoir apporté une cause de stimulation et même de vitalité.

Des injections très copieuses peuvent cependant être faites. M. Richet a pu introduire jusqu’à 1000 grammes de sang dans l’organisme d’un sujet humain, mais c’est à la condition d’avoir agi avec une extrême lenteur, de façon à ce que chaque dose introduite ne pût produire ni les effets mécaniques, ni les effets généraux graves, résultats d’une sorte d’intoxication dont je parlais tout à l’heure.

Mais, vous disais-je, nous n’avons pas besoin de nous occuper des effets de l’injection d’une grande masse de

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sang, puisqu’il suffit, pour obtenir un résultat, d’une quantité peu considérable, et qu’il semble même qu’il y ait là une telle puissance de relèvement de la part d’une petite proportion de sang qu’on puisse se contenter d’une quantité tout à fait minime. Au surplus, voici des chiffres : Desgranges et Devayont injecté 180 grammes, et c’est beaucoup, c’est une dose maxima. On a injecté90 grammes ; d’autres 80 grammes; d’autres 75 grammes; d’autres 60 grammes; d’autres simplement 7 à 8 grammes de sang défibriné, dans deux cas qualifiés de succès. Vous voyez que ce sont là des doses très minimes. Dans d’autres cas, on a injecté 120 grammes, 730 grammes, et enfin M. Richet 1 000. Si vous tenez compte des dernières transfusions faites, vous verrez qu’on n’a jamais dépassé la dose de 100 grammes et que l’on a obtenu de bons résultats. Il en est ainsi dans les faits de Briquet, Dolbeau, Maisonneuve, Lorain, Brouardel, Maurice Raynaud, Féréol, Straus, qui furent des succès. Vous voyez que les doses ne sont point considérables. Le maximum injecté a été le 5e, quelquefois le 50e et plus souvent le 500e de la masse totale du sang. Par conséquent, je le répète, il n’est pas nécessaire d’avoir à sa disposition une source considérable de sang, pour faire avec succès la transfusion.

Quant au choix du bailleur d’abord, il faut un homme jeune, bien portant, vigoureux autant que possible, et en général, comme je vous le disais dans la dernière séance, on trouve toujours aujourd’hui des gens prêts à verser leur sang pour les autres.

Parlons du choix du vaisseau et de la préparation nécessaire à l’opération. Ici se présente encore une double série de procédés. Le plus souvent on fait l’injection intraveineuse, et comme on emprunte le sang d’une veine, elle est veinoso-

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