MÉTHODE OPÉRATOIRE
leçon.]
veineuse. Dans ces dernières années, on a pensé qu’il serait plus avantageux de supprimer l’instrument intermédiaire et d’injecter directement du sang dans le système circulatoire du sujet qui était destiné à le recevoir. Mais pour agir ainsi, il fallait autant que possible emprunter le sang à une artère, dont la force de propulsion aurait pu faire pénétrer le sang chez le malade.
M. Roussel a parcouru l’Europe pour démontrer l’efficacité de ce moyen. Cette méthode comprend des variétés. Tantôt on emprunte le sang artériel à un animal, tantôt c’est à un homme. Mais comment admettre que Ton ait le courage d’ouvrir l’artère d’un homme pour transfuser du sang? Il n’y a donc réellement que le sang artériel d’un animal qu puisse être mis en usage, sans qu’on ait des reproches se faire. Mais il y a là une difficulté : je vous ai montré que ce sang ne donnait pas les mêmes résultats que le sang de la même espèce. Et tous ces dangers pour quels avantages? A-t-on au moins des succès plus nombreux? Non. Sur 28 cas de transfusions veinoso-veineuses, on a eu 10 morts, 2 états stationnaires et 16 améliorations ou guérisons. Dansd’autres cas, où Ton a transfusé du sang artériel pris à des animaux les résultats ont été moins bons. Par conséquent, il n’y a pas à donner de préférence à une méthode dont les succès ne sont pas plus nombreux que ceux d’une autre, et qui expose à toutes sortes de dangers.
Je reviens donc à la transfusion veinoso-veineuse et par l’intermédiaire d’un appareil, attendu que l’introduction directe est très difficile. On choisit en général la basilique; on fait une incision parallèle à la veine et on place une ligature au-dessus. On fait à la veine une incision en Y et on y introduit la canule à l’aide de laquelle l’injection doit se