‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 98 sur 148 · TRANSFUSION DU SANG. [Vingtième · texte numérisé non relu

TRANSFUSION DU SANG. [Vingtième

faire; un aide intelligent tient la veine sur la canule, et l’opération est très simple.

Quant à l’instrument, on en a employé de toutes sortes,, simples et compliquées, portant le nom de ceux qui se sont le plus occupés de la question.

Mais, dans ces derniers temps, on s’est borné à des appareils très simples, trop simples même dans certains cas ; c’est ainsi que bien des gens se contentent d’un irrigateur.

Desgranges et Devay, d’autres encore, se sont au contraire servis de la seringue à hydrocèle plus ou moins modifiée; ce sont des instruments très simples, mais qui ne donnent pas de garanties nécessaires pour mettre à l’abri de l’inconvénient : introduction de l’air dans les veines et coagulation qui peut se faire dans un appareil où le battage existe. Nous avons maintenant à la fois comme appareils simples et rapides, soit celui de Mathieu, soit celui de Colin, que je vous ai montré dans la dernière leçon. Ces appareils sont d’une telle simplicité qu’il n’y a pas lieu aujourd’hui de reculer devant une opération de transfusion, quand elle est bien indiquée.

On a fait choix du bailleur de sang, de la région, on a préparé la veine, on pratique la saignée; reste l’opération. Le sang de la saignée est reçu aussi près que possible de sa sortie, de façon à ce que la veine fluide ne se sépare pas et n’ait pas le temps de se coaguler, et qu’elle entre directement dans l’entonnoir de l’instrument.

Si vous voulez simplement une action stimulante, si vous voulez simplement remonter un instant votre malade, vous pouvez vous contenter des globules dans du sérum défibriné. Si vous voulez des résultats sérieux, une injection reconstituante et placer le sujet dans des con-

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ditions favorables à un retour de la vie, alors il faut le sang en nature, intact et possédant tous ses éléments. Dans ce cas, la veine liquide est reçue dans l’entonnoir de l’instrument et on en fait pénétrer avec modération une quantité plus ou moins considérable, qui sera par exemple de 100 à 150 grammes. Il ne faut guère aller au delà, mais il faut toujours aller avec une extrême lenteur. Une fois cela fait, on retire l’instrument et on pense comme après une saignée.

On a cependant adressé à la transfusion des reproches de plus d’une sorte. Quoique l’opération soit simple, comme je vous l’ai montré, que dans les conditions où elle se pratique elle soit généralement exempte de presque tout inconvénient, cependant on lui a encore reproché et des défauts et même des inconvénients ou des dangers.

On a déclaré que la transfusion ne pouvait pas donner de bons résultats, parce que les globules que chacun de nous possède sont des globules particuliers et qu’ils ne peuvent servir qu’à nous. C’était un préjugé; les expériences faites sur une grande échelle démontrent qu’en réalité la transfusion produit de très bons résultats, et non pas seulement des résultats immédiats, mais aussi définitifs, et qu’on est par elle parvenu à sauver un grand nombre de sujets.

On a parlé du danger du sang d’une espèce substituée à une autre. Il existe dans certains cas, mais jamais on n’introduit chez l’homme du sang de poisson; on a pris du sang de veau, d’animaux qui ont des globules circulaires, petits, qui ne peuvent avoir aucun inconvénient.

On a parlé aussi des dangers de l’inoculation virulente. Ils existent partout, même lorsque vous pratiquez la vaccine. N’a-t-on pas cité des cas dans lesquels le vaccin avait été l’occasion de l’infection syphilitique? 11 faut tout sim-

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plement prendre ses précautions, choisir son sujet, et il faut que celui qui offre son sang se sente bien pur ; s’il ne l’est pas, il faut qu’il recule. On a parlé ainsi des dangers inhérents à l’opération en elle-même, de l’introduction de l’air, des embolies par des caillots ou de la fibrine; tout cela n’existe plus. Gela existait avec des appareils dans lesquels les complications faisaient qu’il y avait une grande difficulté à faire l’opération, ou bien dans ces appareils trop simples dont je vous parlais tout à l’heure. Mais avec l’instrument que je vous ai montré l’autre jour et qui ne peut pas introduire d’air, vous n’avez rien à redouter. Cela va si vite, que jamais vous n’y voyez de coagulation se produire. Il s’est fait un certain nombre d’opérations dans ces dernières années, et jamais vous n’avez entendu parler d’embolies, d’infarctus. Il est arrivé que malgré la transfusion, on n’était pas parvenu à rappeler définitivement à la vie ceux à qui on avait injecté du sang. Cet accident était étranger à l’opération, mais en rapport avec les conditions du sujet.

On a parlé de phlébite et d’infection purulente; cela est possible ; mais la phlébite se montre surtout lorsque l’on a appliqué une ligature trop serrée; si, au contraire, on fait tenir la veine entre les doigts, qui savent mieux mesurer la pression, il n’y a pas de ces attritions trop fortes de la membrane interne delà veine, qui développent ultérieurement la phlébite ou donnent lieu à la formation d’une trombose.

Quant à la pyohémie, à l’infection purulente, alors il ne faudrait jamais pratiquer de saignée! On peut d’ailleurs se mettre à l’abri, on peut transporter au loin le sujet à qui on doitpratiquer une transfusion, le mettre dans des conditions d’aération telles qu’on n’ait pas à redouter l’infection purulente. En somme, opération aujourd’hui facile, exempte, on

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