OBSERVATIONS
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190. Les clisimètres, en tête desquels nous pouvons placer celui de Chézy, sont généralement employés à trouver l’inclinaison du terrain ou à lui en assigner une.
Pour tracer sur le terrain une ligne d'une inclinaison donnée, on se transporte au point de départ A [fig. 166 et 167), établissant dans sa verticale le trou de la petite pinnule (nous supposons qu’on emploie le clisimètre de Chézy). On place l’index de la grande pinnule sur la division qui indique la pente demandée : on fait placer en avant un jalon de la hauteur du trou de la petite pinnule au-dessus du sol, puis on le fait porter d’un côté et d’autre, jusqu'à ce qu’après plusieurs tâtonnements, la ligne de visée passe par le milieu du voyant. Le pied B du jalon est un point du terrain appartenant à la direction cherchée. Si l'on doit opérer dans un alignement donné, on fait hausser ou baisser le voyant jusqu’à ce qu’il affleure la ligne de visée, et la quantité dont il aura fallu lever ou baisser par rapport à sa première position, indiquera la hauteur ou la profondeur du remblai ou du déblai.
S’il s'agit de mesurer la pente du terrain dans uno direction assignée, on prend encore une mire de la hauteur de l'instrument ; on le fait porter dans ta direction à une distance qui permette de bien distinguer la ligne du voyant; on fait glisser dans son châs-
NIVEI.LBMENT.
sis la grande pinnule mobile, jusqu’à ce que la ligne de visèecoupe en deux le voyant. Le chiffre auquel correspond alors l’index exprime quelle est la pente du terrain. Il est évident que l’on emploie l’oculaire de la petite ou de la grande pinnule, suivant que le point visé est au-dessus ou au-dessous du niveau de l’observateur.
191. Des sondes. Un nivellement, pour être complet, doit embrasser aussi les cotes du terrain couvert par les eaux. C’est au moyen de sondes que l’on se procure ces cotes.
Si les eaux sont stagnantes, il suffit d’avoir les cotes relativement à leur niveau supposé connu. Si l’eau est guéable, un homme entre dedans et sonde avec une mire graduée ; on détermine par recoupement les différentes positions qu’il occupe, de deux points connus du rivage. Si l’eau est trop profonde, on se sert d’une barque et d’une sonde, c’est-à-dire d’un cordeau à l'extrémité duquel est suspendu un poids. Les points de sonde sont, comme dans le cas précédent, déterminés par deux observations simultanées. Si les deux observateurs sont dépourvus d’instruments, ils emploient la méthode des alignements.
Supposons connus les points A,D(G,E,C,I ( fig . 168). Le pre- • mier observateur pourra, partant de A, se diriger sur D et s’arrêter eu B au moment où il sera sur l’alignement du canot en S et d'un point connu C : la distance AB étant mesurée, on pourra tracer la projection de BC sur le plan. Le second observateur marchant de G en E s'arrêtera de même quand il sera parvenu en H sur l’alignement SI qui, reporté sur le papier, donnera par son intersectioii avec BC, la position du canot, et par conséquent le point où la cote doit être inscrite.
Si la surface des eaux à sonder est peu spacieuse ou peu large, on tend, d’ün bord ù l’autre, une corde dans des directions connues. Cette corde peut être graduée, et, dans ce cas, on fait couler la sonde à chaque division. Par ce moyen, on peut obtenir une connaissance parfaite des formes du terrain submergé.
C'est surtout aux approches des côtes qu'il est essentiel de connaître la profondeur de la mer et la nature du fond ; c’est encore au moyen des sondes que l'on y parvient,
L’instrument employé à cet usage est composé du plomb et de la ligne. Le plomb de soude est une pyramide tronquée {fig. 169), à la base de laquelle on pratique un creux de O1”, 05 environ ife
TOPOORAPHIB.
profondeur pour y mettre du suif. A la base supérieure est fixé un crochet auquel on attache la ligne qui a ordinairement 200°* de longueur. Le plomb du sonde pèse do 5 à 100 livres. Le suif est destiné h prendre l’empreinte des roches, à retenir du sable ou de la vase, et à faire ainsi connaître la nature du fond. Pour avoir sur le plan les positions du canot, on peut prendre, au moyen de la boussole à réflexion ou de celle do Burnier, les angles que forment entre eux deux ou trois objets situés sur le rivage. Les oscillations qu'éprouve ordinairement l'embarcation rendent cette méthode plus sûre.
On obtient plus do précision par les opérations simultanées faites par deux personnes à terre, et qui, à un signal donné par celui qui opère dans la harquo , dirigent chacune un rayon visuel sur un point de mire tel qu’un drapeau. Ici encore, il est assez difficile de saisir l’instant précis du signal, et d'ailleurs, il faudrait trois observateurs pour qu'il y eût vérification.
Une autre méthode, préférable encore, consiste en ce qu’un observateur soit embarqué, muni de trois instruments à réflexion, trois sextants par exemple. A l'instant oüle plomb de sonde prend terre, il observe, avec l’un des instruments, l’angle entre deux points connus de la côte sans s’occuper de le lire; il observe rapidement avec un autre sextant l'angle entre l’un de ces points et un troisième également connu ; le dernier instrument est, de la mémo manière, employé par lui h mesurer le troisième angle que fournissent les trois points visés et combinés deux h deux. C’est alors seulement quo l'observateur lit les angles et construit la position au moyen des segments capables. Si, comme il peut arriver, les deux circonférences se coupaient sous on angle trèsaigu, il devrait se rappeler que la ligne qui unit les deux centres est perpendiculaire à la corde commune aux deux circonférences et la partage en deux parties égales.
Les sondes ainsi obtenues ne sont pas celles quo l'on inscrit sur les cartes hydrographiques, puisque la mer variant sans cesse de hauteur, il ne peut exister d’ensemble entre les operations faites à des instants différents. On les ramène à la surface do basse mer aux équinoxes. Pour opérer cette réduction, il faut connaître de combien la mer était élevée au-dessus de ce niveau au jour et à l’heure auxquels on a sondé. On fait usage pour cela de l'échelle des marées ; c'est un long madrier disposé verticalement h l’entrée des ports, sur lequel est tracé le niveau do la basse mer des équinoxes et son élévation successive de quart
XIVELLE1IEST.
d'heure en quart d’heure, en sorte qu'en notant l'heure précise h laquelle on a mesuré chaque sonde, on aura de suite par l’échelle la plus voisine du lieu de l’opération la quantité qu'il faut ajouter. Quand on n’est pas à portée d’une telle échelle, on en fait élever une provisoire sur le rivage; on y trace les hauteurs do la mer de 15 en 15 minutes, on rapporte les sondes mesurées au point le plus bas de cette échelle, et plus tard, on tient compte do la différence de hauteur de ce terme de comparaison h l’échelle des marées la plus voisiner. Si l’on n’a pas de goniomètre à sa disposition, on pourra encoro déterminer d'une manière approchée les stations par alignement, connaissant d'avance la position de quelquo point remarquable en mer, comme uno pointe do roc,hno balise, un fort, etc. On s'y transportera, puis on avancera vers un point déterminé do la côte, en comptant les distances entre les stations au moyen du loch. ,
Si l’on voulait que les sondes du littoral de la France fussent d'accord avec celles inscrites sur la nouvelle carte, c’est-à-dire rapportées au même plan général de comparaison, le niveau moyen de la mer, il faudrait se rappeler que ce niveau, constant pour chaque jour do l’année, est précisément la moyenne entre la plus grande et la plus petite élévation quotidienne, quels que soient les heures do haute et basse mer, l'établissement du port qui varie d'un lieu à un autre en raison des circonstances locales, etc.
Les sondes, dans les cours d'eau, sont de la plus grande utilité, soit pour reconnaître les gués, soit pour calculer le volume d'eau, etc. Pour bien connaître le fond d’une rivière, on pratique un nivellement longitudinal et des nivellements transversaux. Le premier se fait suivant l’axe de la rivière, c’est-à-dire suivant la ligne qui est toujours à égale distance des deux rives : ces distances se comptent et les profils transversaux se font sur les normales à la ligne milieu.
Si AB, AC [fig. 170), sont respectivement perpendiculaires aux deux rives, l'angle de ces droites sera le même que celui des bords de la rivière. Soit a cet angle, la normale à l'axe fera avec chacune
des lignes AB, AC, un angle s. Faisant donc en A un angle égal à
100 — j avec le rivage, on aura la direction du profil .transversal
dont le point milieu appartiendra au profil longitudinal. Ce que nous disons pour deux rives en ligne droite s’applique également
à celles qui sont curvilignes, en les décomposant en petits côtés sensiblement rectilignes.
Pour exécuter le profil transversal, on tend une corde graduée de A en B et l’on sonde à chacune de ses divisions. Afin d’éviter autant que possible l’erreur due U la flexion de la corde, on suspend de forts poids h ses extrémités ou l’on emploie un treuil, si faire se peut. On abandonne ce moyen pour l’un de ceux indiqués précédemment, si le cours d’eau est trop large.
Comme la ligne peut être entraînée par le courant et éprouver une courbure qui donne une indication trop grande, il est bonde calculer la verticalo ( fig . 171) au moyen de la proportion
AB : AC ! : AD ; AE d'où AE=^‘
Ad