FORCE DAME DE XÉNOPHON
Xénophon célébrait un sacrifice solennel, lorsqu'il apprit que l'aîné de ses deux fils, nommé Gryllus, avait péri à la bataille de Manlinée. Il ne crut pas que ce fût une raison d'interrompre le culte qu'il rendait aux dieux ; il se contenta de déposer sa couronne, et il la remit même sur sa tête, lorsque, ayant demandé comment son fils était mort, il eut appris que c'était en combattant avec la plus grande valeur. Il prenaiL ainsi à témoin les dieux auxquels il sacri-
(!] Voyage maritime.
fiait que Ja bravoure de son fils lui causait plus de joie que sa mort ne lui faisait ressentir d'amertume.
Valére Maxime.,
Origine de l'éloquence en Grèce ; les premiers orateurs d'Athènes : Pisistrate, Solon, Glisthène, Thémistocle, Périclès , Thucydide, Cléon , Alcibiade, Critias, Théramène.
La Grèce est passionnée pour l'éloquence; elle excelle depuis longtemps dans cet art ; elle l'emporte sur les autres nations; cependant les autres arts, qui sont tous plus anciens, étaient non seulement inventés, mais encore perfectionnés quand les Grecs ont donné à la parole de la force et de l'abondance. Quand je porte mes regards sur ce pays, ce qui me frappe le plus, c'est l'éclat dont brille votre Athènes, Atticus. C'est dans cette ville que, pour la première fois, s'éleva un orateur; c'est là que les discours commencèrent à se perpéloer dans des monuments écrits. Toutefois, avant Périclès, dont on cite quelques écrits, avant Thucydide, qui vécut à une époque où Athènes n'était plus au berceau, mais dans l'adolescence, il n'y a aucun ouvrage qui soit embelli des ornements de l'éloquence et semble venir d'un orateur. On croit néanmoins que Pisistrate, qui les précéda de beaucoup d'années, que Solon, un peu plus ancien encore, et dans la suite CHsthène eurent pour leur époque un grand talent oratoire. Quelques années plus lard, ainsi qu'un peut le voir par les monuments d'Athènes, vint Th'hnistoclc, qui, on le sait, se distingua et par sa sagesse et par son éloquence. Après lui, Péridès, en qui brillaient toutes sortes de qualités, dut cependant à l'éloquence sa plus belle gloire. On s'accorde aussi à dire qu'à la même époque, Cléon, citoyen turbulent, n'en fut pas moins un orateur éloquent. Alcibiade, Critias, Théramène, furent presque leurs contemporains. Les écrits de Thucydide, qui vivait en même temps, nous font le mieux connaître quel genre d'éloquence ilorissait alors : des expressions solennelles, des sentences en grand nombre, beaucoop de choses en peu de mots, et par cela même un peu d'obscurité. 'ClCÉRON.