INVOCATION A PALES
Protège à la fois le bétail et les maîtres du bétail; écarte, éloigne les accidents de nos étables. Si j'ai conduit mes troupeaux dans un pâturage sacré ; si je me suis assis sous un arbre voué aux dieux ; si mes brebis ont brouté par mégarde l'herbe des tombeaux ; si je suis entré dans un bois interdit et si ma présence a mis en fuite les Nymphes ou le dieu aux pieds de chèvre ; si ma serpe a dépouillé un bois sacré de quelques rameaux touffus, destinés à fournir à une brebis malade une corbeille de feuillage : pardonne-moi ma faute. Ne me fais pas un crime d'avoir mis mon troupeau à l'abri de quelque temple champêtre, tandis qu'il grêle. Xe me punis pas pour avoir troublé les lacs. Nymphes, pardonnezmoi, si les pieds de mes troupeaux ont terni la limpidité de vos eaux. Et toi, déesse, apaise pour nous les fontaines et les divinités des fontaines ; apaise les dieux répandus dans le bois entier. Puissions-nous ne point voir les Dryades, ni les bains de Diane, ni Faune, quand, au milieu du jour, il repose à terre ses membres fatigués ! Chasse bien loin les maladies ;
conserve la santé et aux hommes et aux troupeaux ; conserve-la à la troupe prévoyante des chiens vigilants. Fais que le soir je ramène au bercail autant de têtes qu'il y en avait le matin, et que je ne rapporte pas en gémissant des toisons arrachées au loup. Loin de nous la cruelle famine ; qu'il y ait abondance d'herbes, de feuillage et d'eaux bonnes à boire, bonnes à laver le corps. Que ma main presse des mamelles toujours pleines ; que mon fromage me rapporte de l'argent et que les clayons peu serrés laissent s'écouler le petit-lait.
(Les Fastes, liv. IV.)
CXGVI.
Les « Fastes. »