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CAUSES DES GUERRES CIVILES

Tels étaient les mobiles des chefs. Mais au-dessous d'eux fermentaient des germes de guerres civiles, qui ont toujours englouti les peuples puissants. Dès que la fortune, après la conquête du monde vaincu, eut introduit dans Rome une opulence excessive, les bonnes mœurs disparurent devant la prospérité ; le butin et les dépouilles prises à l'ennemi poussèrent au luxe; on ne garda de mesure ni pour l'or ni pour les palais; l'appétit blasé dédaigna la table des aïeux. Les

(1) C'est par erreur que cette version est intitulée : L'image de la pairie, etc. On a oublié d'imprimer le passage correspondant à ce titre : Jam gelidas Cœsar cursu super avérât Alpes, etc., liv. Ier, v. 183 et suiv.

hommes prirent aux jeunes femmes des parures à peine convenables pour elles-mêmes (1). On fuit la pauvreté, féconde en héros ; de tous les points de l'univers on fit venir ce qui fait périr les nations. Alors on réunit toutes les terres ensemble; les champs que labourait jadis Ja dure charrue de Camille, celui que retournait la bêche des antiques Curius s'allongèrent, s'étendirent sans fin sous la main de colons inconnus. Ce n'était plus le peuple heureux des loisirs de la paix, le peuple qui vivait en liberté dans le repos des armes. Il y eut dès lors de promptes impatiences et de vils forfaits, que la misère seule pouvait conseiller. Une grande gloire, une gloire à conquérir par les armes, c'était d'être plus fort que sa patrie ; la force était la mesure du droit. Dès lors, lois et plébiscites furent enlevés de force ; tribuns et consuls conspirèrent à l'envi contre les lois ; dès lors les faisceaux furent ravis à prix d'or et le peuple vendit ses faveurs, et la brigue fatale pour Rome, la brigue ramena, chaque année, les luttes vénales du Champ de Mars; dès lors on vit l'usure dévorante, et l'intérêt que chaque échéance affame, et la bonne foi détruite et la guerre utile au grand nombre.

(La Pharsale, chant Ier, v. 158-182.)

La « Pharsale. »

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