‹ Cours de versions latinesChapitre 139 sur 214 · DES SOINS A APPORTER A LA PREMIÈRE ÉDUCATION DE L'ORATEUR · texte numérisé non relu

DES SOINS A APPORTER A LA PREMIÈRE ÉDUCATION DE L'ORATEUR

Que le père auquel il est né un fils conçoive d'abord de lui les plus belles espérances : il sera ainsi plus attentif aux commencements de son éducation. C'est à tort qu'on se plaint qu'il y a très peu d'hommes auxquels il ait été donné de

comprendre ce qu'on leur enseigne, et, que la plupart, faute d'intelligence, y perdent leur peine el leur temps. On en rencontre beaucoup, au contraire, qui ont autant de facilité à imaginer que de promptitude à apprendre. Cela, en effet, est naturel à l'homme, el de même que les oiseaux sont nés pour voler, les chevaux pour courir, les bêtes féroces pour exercer leur cruauté, de même nous avons reçu en propre la faculté d'exercer notre pensée et notre industrie : c'est pour cela qu'on croit que notre âme a une origine céleste. Les hommes stupides et incapables d'apprendre ne sont pas plus dans l'ordre de la nature que les corps difformes et monstrueux : le nombre en est infiniment petit. Et la preuve, c'est que chez les enfants brillent de nombreuses espérances qui, s'éteignant avec l'âge, montrent avec évidence que ce n'est pas la nature, mais la culture qui leur a manqué. Cependant, dira-t-on, il y a des esprits supérieurs à d'autres; d'accord, mais c'est une question de plus ou moins de capacité ; on ne trouve personne qui n'ait rien gagné à l'étude. Quiconque sera pénétré de cette vérité consacrera ses soins les plus ardents, dès qu'il sera devenu père, à cultiver l'espérance de former un orateur.

{Institution oratoire, liv. Ier, ch. ier.)

CCLXXVI1.

L' « Institution oratoire. »

l'éducation publique est préférable a l'éducation

Page 1