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PRIVÉE

De ce qu'on doit fuir les écoles, ce que je n'accorde même pas, quand le mérite du professeur explique ce concours, il ne s'ensuit pas pourtant qu'il faille fuir absolument les écoles. Autre chose est de les éviter, autre chose est de les choisir. Après avoir réfuté les arguments contre les écoles, expliquons ce que nous en pensons nous-mêmes. Avant tout, que le futur orateur, destiné à vivre au milieu de la foule la plus grande et dans la pleine lumière de la république, s'accoutume, dès 1 âge le plus tendre, à ne pas redouter les hommes et à ne point pâlir par l'effet d'une vie solitaire et comme passée à l'ombre. 11 faut toujours exciter,

toujours élever l'esprit, qui, dans une solitude de ce genre, ou languit et contracte dans l'obscurité une sorte de rouille, ou se gontle d'une vaine présomption : il est inévitable, en effet, qu'on s'accorde trop à soi-même, quand on ne se compare à personne. Puis, quand il faut mettre au jour ce qu'on a appris, on n'y voit plus en plein soleil ; tout ce qu'on rencontre est nouveau, parce qu'on a appris seul ce qu'il faut pratiquer au milieu de la multitude. Je ne parle pas des amitiés, qui durent indestructibles jusqu'à la vieillesse, empreintes d'une sorte de sentiment religieux ; car s'initier aux mêmes études, c'est chose non moins sainte que s'initier aux mêmes mystères. Où apprendra-t-on le sens commun, ainsi qu'on l'appelle, quand on se sera séparé de la société de ses semblables, dont le besoin est naturel, non seulement aux hommes, mais aux animaux muets eux-mêmes? Ajoutez que chez lui l'enfant ne peut apprendre que ce qu'on lui enseigne : à l'école, il apprend aussi que ce qu'on enseigne aux autres.

(Institution oratoire, liv. Ier, ch. n.)

GGLXXVIII.

L' « Institution oratoire. »

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