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QUELS DOIVENT ÊTRE LES PREMIERS EXERCICES AUPRÈS DU RHÉTEUR

Il faut éviter avant tout, principalement pour les enfants, un maître à l'esprit aride, et cela avec non moins de soin qu'on évite pour les plantes tendres encore un terrain sec et sans aucune humidité. Sous de tels maîtres, les enfants deviennent aussitôt rampants, tournés vers la terre, et ils n'osent s'élever en rien au-dessus du langage de tous les jours ; ils prennent la maigreur pour de la santé, la faiblesse pour du jugement ; ils croient qu'il suffit de n'avoir pas de défauts, et ils tombent dans le défaut de n'avoir aucune qualité. C'est pourquoi je me méfierai de la maturité même, si elle est trop hâtive : il ne faut pas que les vins soient déjà forts dans la cuve ; c'est ainsi seulement qu'ils supporteront bien les années et gagneront en vieillissant. Encore une remarque qui mérite d'être faite, c'est que l'intelligence des enfants se décourage par suite d'une trop grande sévérité dans les corrections : ils se désespèrent, ils se chagrinent, ils finissent par prendre leurs devoirs en aversion, et ce qui est le plus funeste, dans leur crainte de toutes choses, ils ne font aucun effort. C'est une vérité comprise des paysans eux-mêmes; ils ne pensent pas qu'il faille employer la faux pour les jeunes branches, parce qu'elles semblent redouter le fer et ne pouvoir encore souffrir de blessures. Un maître doit donc être aimable, surtout avec les enfants, pour adoucir d'une main légère des remèdes naturellement amers ; qu'il loue certaines choses ; qu'il en tolère quelques autres ; qu'il fasse

même des changements, en expliquant la raison pour laquelle il les fait; qu'il embellisse certains passages, en mettant un peu du sien.

(Institution oratoire, liv. II, ch. iv.)

GGLXXXI.

L' « Institution oratoire. »

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