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FRONTIN

GGGVIII.

Stratagèmes de guerre.

Pyrrhus, roi des Epirotes, après s'être rendu maître d'une ville et en avoir fait fermer les portes, s'aperçut que ceux qui étaient ainsi enfermés, réduits à la dernière extrémité, se battaient plus vaillamment; il leur laissa le moyen de fuir. C'est ce même prince qui, entre autres recommandations faites à un général d'armée, rappelle « qu'il ne faut pas s'acharner à la poursuite d'un ennemi en fuite, non seulement de peur que la nécessité ne le force à une résistance plus énergique,

mais encore pour que, dans la suite, on lui fasse lâcher pied plus vite, dans la persuasion qu'il ne sera pas poursuivi à outrance par le vainqueur. » (Liv. Il, eh. vi, io.)

L. Lucullus, voyant les cavaliers macédoniens, qu'il avait comme auxiliaires, passer soudainement à l'ennemi, fît sonner la charge et lança des escadrons à leur poursuite. L'ennemi crut qu'on engageait le combat et reçut à coups de traits les Macédoniens. Ceux-ci, s'apercevant que les ennemis ne les voulaient pas et qu'ils étaient serrés de près par ceux qu'ils avaient abandonnés, rentrèrent de force dans le devoir et atlaquèrent l'ennemi. (Liv. II. ch. vu, 8.)

Datâmes, général des Perses, dans un combat contre Authofradate, en Cappadoce, ayant appris qu'une partie de sa cavalerie passait à l'ennemi, fit venir tout le reste avec lui, atteignit les transfuges, les loua de leur ardeur à le devancer et les exhorta même à attaquer vigoureusement l'ennemi. La honte fit repentir les transfuges, qui, ne se croyant pas découverts, changèrent de dessein. (Liv. II, ch. vu, 9.)

T.Didius, en Espagne, après une bataille acharnée que la nuit avait interrompue, et où il y avait eu de grandes pertes de part et d'autre, fit secrètement enterrer, à la faveur des ténèbres de la nuit, une grande partie de ses morts. Les Espagnols vinrent le lendemain pour remplir le même devoir, et comme ils trouvaient plus de tués parmi les leurs que parmi les Romains, ils crurent, d'après leur calcul, avoir été vaincus et acceptèrent les conditions du général ennemi. (Stratagèmes de guerre, liv. II, ch. x, 7.)

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