SIDOINE APOLLINAIRE
CCCXXYII.
Panégyrique d'Anthémius.
Quand la nature plaça le jeune Jupiter au-dessus des astres et que le Fègne du nouveau dieu succéda au règne du vieux Saturne, les divinités vénérèrent à l'envi la puissance du maître de l'Olympe et lui chantèrent de diverses manières les mêmes vivats. Mars redit, au son de la trompette retentissante, les louanges de son père et célébra sa foudre avec un bruit de tonnerre. Mercure l'Arcadien et le dieu qui porte l'arc firent entendre leurs chants sonores sur les instruments où ils sont le plus habiles, l'un sur le luth, l'autre. sur la lyre. Le chœur des neuf sœurs de Castalie employa, ! pour varier les formes de ses applaudissements, vers, flûtes, \ mains, voix, pieds. Après les habitants du ciel, vinrent les I demi-dieux, dont Jupiter, dit-on, accueillit les chants, quoiqu'ils fussent moins beaux. Alors, Jes Dryades, conduites (il par les Faunes et les Bacchantes, par les Satyres, firent entendre les mélodies grossières d'une troupe rustique. Les Faunes avec leur tlûte quittèrent les hauteurs du Ménale, et après les accords de la lyre, les sons rauques de la tlûte plurent à Jupiter. Chiron, dansant au milieu des Satyres au son des instruments, prêta plaisamment ses membres de
(1) Lire dans le texte actée, au lieu iïaptœ.
cheval à des exercices pour lesquels ils ne sont pas faits : ce Centaure était digne d'être écouté, digne même de plaire, quoiqu'il fît entendre des hennissements au lieu de chants. Ainsi donc toutes les langues, pauvres et riches, offraient un sacrifice à Jupiter et la viclime suprême était un chant et des vœux.
(Préface du Panégyrique d'Anthémius.)