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PARAPHRASE DU PSAUME « SUPER FLUMINA BABYLONIS

Si je vous oublie, mes chers remparts, et loi, l'objet de ma tendresse, ville de Jérusalem, que ma main droite m'oublie elle-même! Que ma langue desséchée s'attache à mon palais, si je ne te garde un éternel amour, si je ne me souviens pas de loi au commencement de la royauté qui me fut promise pour les siècles et en la première année de mes joies, si je ne te préfère, Jérusalem, à la terre entière! Rappelle-toi, mon Dieu, la race d'Edom ; que son sort change ; qu'elle voie des jours de confusion, lorsque ton peuple habitera les murs éternels de l'illustre Jérusalem.

(Poèmes, ix.)

MARTUS VICTOR OU VIGTORINUS

GGGXXXII.

Invocation à Dieu.

Dieu suprême, Dieu saint, source de toute vertu, Dieu tout-puissant, que, dans leurs subtiles recherches sur la nature, les intelligences humaines n'ont pas le pouvoir de comprendre et qu'il leur est interdit d'ignorer (car nous croyons que par une raison profonde vous êtes un Dieu en trois personnes, mais trois personnes qui, dans leur unité, ne forment qu'une seule substance et que les liens de l'amour tiennent inséparablement unies) ; vous n'avez pas eu de commencement; vous n'aurez pas non plus de fin : éternel, seul immuable, vous n'êtes pas sujet à la loi des âges. Vous êtes

le lien de toutes choses, et en quelque endroit que s'étende la portée de l'esprit, vous dépassez ces limites et vous n'êtes enfermé par aucun espace. Il n'y a pas de lieu qui vous contienne; car vous êtes immense. Bien plus, il est défendu à l'intelligence humaine de se représenter votre image, qui ne saurait être visible à nos yeux, à moins qu'elle ne se laisse voir à quelqu'un par une faveur spéciale. Il n'y a pas de mouvement issu d'une force créée qui vous fasse mouvoir, vous par Ijui nous existons et nous nous mouvons. Vous êtes un esprit et la substance profonde et sacrée de l'esprit. Vous êtes la raison et la source intelligente de la pleine raison. Vous êtes la vie et le père de la vie et de la lumière infinie. Vous êtes la vraie lumière, le Dieu principe et force des êtres. C'est de vous qu'a tiré son principe toute créature qui a tout à coup jailli du néant et qui est pleine de son auteur, qu'elle ait une essence spirituelle ou qu'elle ait reçu une forme corporelle. La nature qui subsiste avec ses éléments périssables prouve votre divinité, et l'ordre qui se maintient partout atteste que vous en avez réglé l'harmonie.

{Commentaires sur la Genèse, préface.)

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