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DONAT, SERYIUS ET MACROBE

GCGXLIII.

L'amour du juste a pour fondement l'immortalité de l'âme.

Observateur profond de la nature de toutes choses et des actions humaines, Platon nous apprend dans tout son dialogue qui a pour objet l'organisation de la République, qu'il faut faire naître dans les âmes l'amour de la justice, sans laquelle ni un Etal, ni même une petite réunion d'hommes, ni même la moindre famille ne saurait subsister. Or, pour graver dans les cœurs cet amour de la justice, Platon n'a rien vu de plus efficace que de persuader aux hommes que les fruits de la vertu ne finissent pas avec la vie humaine.

Mais comment pouvoir démontrer qu'ils survivent à l'homme, si auparavant on n'est pas certain de l'immortalité de l'âme? La croyance à l'immortalité des âmes une fois établie, il en tire cette conséquence, qu'il faut pour les âmes délivrées des liens du corps, des demeures fixes, qui leur (Q sont assignées d'après leur mérite ou leur démérite. C'est ainsi que dans le PJiédon, après avoir établi , à la lumière de raisons irréfragables, la véritable dignité de l'âme qui ressort du privilège de l'immortalité, il distingue les demeures qui sont dues aux hommes, au sortir de la vie, d'après la loi que chacun se sera prescrite dans sa conduite. C'est ainsi que dans le GorgiaSj après avoir soutenu une discussion en faveur de la justice, Platon nous instruit, avec la gravité morale et douce de Socrate, de l'état des âmes après la mort.

{Le Songe de Scipion, liv. 1", cli. Ier.)

Du pathétique.

Il faut que. tout discours pathétique ail pour but de provoquer ou l'indignation ou la compassion, ce que les Grecs appellent otxroç xcù BdvMGiç, pitié et terreur. De ces sentiments, le premier est nécessaire à l'accusateur, le second à l'accusé. Il faut que l'indignation entre brusquement en matière ; car il ne convient pas à un homme assez indigné de commencer avec douceur. C'est pour cela que, dans Virgile, Junon débute ainsi :

« Pourquoi me forcer à rompre un silence profond ? »

Et ailleurs :

« Quoi ! vaincue, je renoncerais à mes desseins ! »

Et ailleurs encore :

« 0 race odieuse ! 0 destins des Phrygiens contraires aux nôtres ! »

Didon, elle aussi :

<(Je mourrai donc sans vengeance! Oui, mourons, ditelle.»

Et encore :

(1) Lire dans le texte Mis, au lieu de illius.

« 0 Jupiter ! il partira donc ! s'écrie-t-elle. » Ce n'est pas seulement le début qui doit être tel, c'est tout le discours, s'il est possible, qui doit paraître pathétique : que les pensées soient courtes; que les figures changent souvent : qu'on voie l'orateur agité comme par les Ilots de la colère. Que le même discours de Virgile nous serve d'exemple :

« 0 race odieuse ! »

{Saturnales, liv. IV, ch, n.)

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