‹ Cours de versions latinesChapitre 21 sur 214 · DIPHILE · texte numérisé non relu

DIPHILE

Ma mère, je m'adresse à toi, qui suspends et charmes tes soirées par le sommeil, sans avoir pitié de moi; lève-toi et ensevelis ton fils, avant qu'il devienne la pâture des bêtes fauves et des oiseaux de proie....

Ne souffre pas, je t'en conjure, qu'arrachés à mes os et souillant la terre d'un sang noir, les restes de ma chair soient affreusement déchirés.

ILIONE.

Allons, arrête, demeure, écoute-moi; répèle-moi les mêmes paroles. (L'Ilione.)

Quoi! j'ai sauvé ceux qui devaient me perdre !

{L'Armorum judicium.)

Accius ou Attius poète tragique.

L. Accius est regardé comme un illustre poète tragique : il naquit de parents affranchis, sous le consulat de Mancinus et de Serranus, et lut à Tarente ses écrits à Pacuvius déjà vieux.

(S. JÉRÔME

Accius dit que Pacuvius et lui firent représenter une pièce sous les mêmes édiles : Pacuvius avait quatre-vingts ans, et lui, Accius, n'en avait que trente. (Cicéron.)

Décimus Brutus, citoyen et capitaine éminent, orna des vers à'Altius, son ami intime, l'entrée des temples et des monuments qu'il fit élever. (Cicéron, Pro Archiâ, ch. x.)

Le poète Accius ne se levait jamais devant Jules César, quand cet homme, parvenu au comble de la puissance et de la gloire, se rendait aux réunions des poètes;.... c'est qu'en comparant leurs talents communs, Accius avait conscience d'une certaine supériorité. (Valère Maxime.)

Pacuvius s'était retiré à Tarente ; Accius, alors beaucoup plus jeune et passant par Tarente pour se rendre en Asie, alla voir Pacuvius, qui l'invita aimablement et le retint plusieurs jours; sur son désir, Accius lui lut sa tragédie qui porte le nom d'Atrée. Pacuvius, dit-on, trouva que les vers en étaient sonores et pleins de noblesse, mais que cependant ils lui paraissaient un peu durs et âpres. « Oui, lui dit Accius, tu as raison ; je ne me repens pourtant pas de cette faute ; car j'espère que ce que j'écrirai à l'avenir vaudra mieux. On dit, en effet, qu'il en est des talents comme des fruits; ceux qui naissent aigres et âpres deviennent doux et suaves; ceux, au contraire, qui naissent tendres et mous et commencent par être succulents, ne mûrissent pas : ils pourrissent. Il m'a semblé bon de laisser au temps et à l'âge quelque chose à adoucir dans mon talent. »

(Aulu-Gelle.)

On demandait, dit-on, à Accius pourquoi il ne plaidait pas. alors qu'il y avait dans ses tragédies des répliques excellentes el d'une si grande force. Il en donna cette raison qu'il disait ce qu'il voulait dans ses tragédies, tandis qu'au forum ses adversaires diraient ce qu'il ne voudrait pas du tout.

(QUINTILIEN

Accius poète tragique et didactique.

Tu blâmes ta mère pour une juste action et lu approuves l'injustice de ton père ! (EgistheouClytemnestre.)

Que ta valeur soit égale à celle de ton père ; mais que ta fortune ne ressemble pas à la sienne !

(Le Jugement des armes.)

Cette masse énorme glisse sur les flots, arrivant de la haute mer avec un mouvement impétueux, un grand bruit, et poussée par un souffle violent. Elle chasse les flots devant elle; elle soulève de furieux tourbillons, et tandis qu'elle se précipite, l'onde recule et rejaillit. On croirait voir un nuage rouler sur les flots, qui l'arrêtent, un rocher bondir dans les airs, poussé par les vents et par la tempête, ou des trombes sphériques se former sous les coups des vagues amoncelées. Ou bien encore on dirait que la mer fait sur terre d'horribles ravages, ou que Triton bouleverse avec son trident ses grottes souterraines et lance les blocs qu'il arrache et déracine, du fond de l'abîme, vers sa surface ondoyante et vers les cieux.

(Médée.)

Je ne crois nullement aux augures, qui enrichissent de leurs paroles les oreilles d'autrui pour enrichir d'or leurs propres maisons. [Astyaneuc.)

Qu'on me haïsse, pourvu qu'on me craigne!

(Atrée.)

Nous avons vraiment pitié de celui dont la noblesse anoblit les malheurs. (Tétèphe.)

Ce n'est point sa race qui honore le héros ; c'est le héros qui honore sa race. (Diomède.)

C'est l'homme qui anoblit la position, et non la position qui anoblit l'homme. {Téïephe.)

Mieux vaut être approuvé des gens de bien que de la foule.

(Epinausimaque.) Sans l'aide des dieux, les biens de la vie humaine n'ont presque rien d'assuré.

(Le Jugement des armes.)

XLIT.

Accius poète tragique (suite).

Ce que tu appelles obstination, Antiloque, je l'appelle fermeté et je veux y persévérer. La fermeté appartient aux âmes fortes ; l'obstination esl le propre des ignorants. Tu me prêtes ce qui est un défaut ; tu m'enlèves ce qui est un mérite. Je souffre sans peine qu'on me dise ferme et triomphant ; mais obstiné, je ne le veux point. (Les Myrmidon*.)

Là où se courbe le rivage, où semblent aboyer les vagues, succédant aux vagues.... En même temps, tout alentour, un agréable écho, éveillé dans les rochers retentissants, répète le murmure de l'onde frémissante.

(Les Phinides.)

Durant le cours de la nuit, je livrais mon corps au repos et délassais par le sommeil mes membres fatigués, quand je vis en songe un berger qui conduisait vers moi un troupeau de moutons, d'une rare beauté. Je choisis dans ce troupeau deux béliers du même sang et j'immolai le plus beau des deux; alors son frère, se précipitant sur moi, me heurta de ses cornes et du coup me fit tomber. Renversé à terre, grièvement blessé, étendu sur le dos, je vis dans le ciel un grand et merveilleux prodige : c'était le globe enflammé et rayonnant du soleil, qui prenait vers la droite une route nouvelle.

(L-9 Brutus.)

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