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ARCTURE

Je suis, dans la cité céleste, le concitoyen de celui qui règne sur toutes les nations et qui donne le mouvement aux mers et à la terre. Comme vous le voyez, je suis une étoile d'une blancheur éclatante, un astre qui se lève toujours à son heure, ici et dans le ciel. Mon nom est Areture.

La nuit, je brille au ciel parmi les dieux ; le jour, je suis errant parmi les mortels. Il y a encore d'autres astres qui descendent des cieux sur la terre. Celui qui commande aux dieux et aux hommes, Jupiter, nous envoie çà et là chez les diverses nations pour observer les actions et les mœurs des hommes, leur piété et leur bonne foi, et la manière dont la fortune arrive à chacun. Ceux qui appuient des prétentions fausses par de faux témoignages, ceux qui, en justice, nient leur dette par serment , tous ceux-là, nous prenons leurs noms par écrit pour les mettre sous les yeux de Jupiter. Il sait, jour par jour, qui court ici-bas au-devant de sa vengeance. Des pervers prétendent-ils gagner ici leur procès par le moyen du parjure ; des imposteurs ont-ils eu gain de cause devant le juge : Jupiter revise ce jugement et il frappe le coupable d'une peine qui dépasse de beaucoup l'avantage qu'il a obtenu. Sur un autre registre, il a la liste des gens de bien. Et c'est en vain que les scélérats se persuadent dans leur cœur de pouvoir apaiser Jupiter par des dons et des victimes. Ils y perdent leur peine et leur dépense ; cela vient de ce qu'il n'y a pas de prière qui lui plaise venant d'un parjure. Celui qui est pieux obtiendra plus aisément que le scélérat l'indulgence des dieux qu'il implore. Ainsi, vous qui êtes gens de bien et qui vivez dans la pratique de la piété et de la bonne foi, je vous révèle ces vérités ; retenezles donc bien, pour avoir sujet de vous réjouir plus lard.

Maintenant, je vous exposerai le sujet de la pièce ; c'est pour cela que je suis venu.

(Prologue du Câble ou du Cordage.)

Jugements sur Plaute.

Depuis que Plaute a été frappé par Ja mort, la Comédie est en deuil, la scène est déserte ; puis les Ris, les Jeux, la Plaisanterie et les mètres innombrables de la Poésie se sont mis tous ensemble à verser des larmes. (Epitaphe de Plaute.)

Il y a en général deux espèces de plaisanterie : l'une grossière, effrontée ; l'autre élégante, polie, ingénieuse et spirituelle. Les modèles de cette dernière abondent, non seulement dans notre Plaute et dans l'Ancienne Comédie, mais même dans les livres des philosophes Socratiques.

(ClCÉRON.)

Parce que la Comédie prend ses sujets dans la vie commune, on croit qu'elle demande très peu de travail; c'est, au contraire, un fardeau d'autant plus lourd à porter qu'on a pour elle moins d'indulgence. Voyez Piaule, de quelle façon il soutient le rôle d'un jeune amoureux, d'un père intéressé, d'un marchand d'esclaves fripon. (Horace.)

Vos ancêtres ont vanté et les vers et les plaisanteries de Plaute : excès d'indulgence, pour ne pas dire sottise, que cette double admiration, si toutefois vous et moi nous savons distinguer un mot délicat d'un mot grossier el marquer du doigt et de l'oreille la juste cadence des sons.

(Horace.)

C'est dans la comédie surtout que nous boitons, quoique Varron dise qu'au jugement d'/Elius Stilon, si les Muses voulaient parler latin, elles parleraient le langage de Piaule.

(QUINTIL1EN

Plaute a des expressions latines très élégantes. Plaute est dans ses expressions le prince de la langue pI de l'élégance latines. (Aulu-Gelle.)

Telle est l'élégance de Plaute, telle est sa finesse attique : on peut comparer son langage, comme on le dit, au langage des Muses. (S. Jérôme.)

Ta grâce, ô Piaule, dépasse celle des plaisanteries des Grecs.

(Sidoine Apollinaire.)

XLYII.

Le poète comique Caecilius Statius

Statius Caecilius est regardé comme un illustre poète comique : Gaulois Insubrien d'origine , il fut d'abord camarade d'Ennius; quelques auteurs le disent de Milan; il mourut trois ans après la mort d'Ennius.

(S. JÉRÔME

Csecilius, l'illustre poète comique, fut d'abord esclave et reçut pour cette raison le nom de Statius ; ce nom se changea dans la suite en surnom et on appela le poète Ceecilius Statius. (Aulu-Gelle.)

Csecilius revendique la palme pour les sujets, Térence pour les mœurs, Plaute pour les dialogues. (VarronO

Toutes les fois que l'on discute pour savoir lequel des deux, de Pacuvius et à'Accius, est supérieur à l'autre, Pacuvius prend pour lui 3e renom de docte vieillard, Accius celui de vieillard profond. On dit que la toge à'Afranius aurait convenu à Ménandre et que Plaute a une allure rapide, comme celle du Sicilien Epicharme, son modèle; Csecilius l'emporte pour la gravité, Térence pour l'art.

(Horace.)

Vous voyez, dit Atticus, que la base et comme le fondement de l'éloquence, c'est une élocution correcte et vraiment latine : mérite qui n'était point, chez ceux qui l'ont possédé jusqu'ici, le fruit de la rétlexion et de la science, mais en quelque sorte le résultat d'une bonne habitude. Je laisse de côté C. Lselius, P. Scipion; Ja pureté du langage, comme celle des mœurs, était une qualité de leur temps. Tous ne l'avaient pourtant pas ; car nous voyons que leurs contemporains Csecilius et Pacuvius parlaient mal ; néanmoins, presque tous ceux qui n'avaient point vécu hors de Rome, ou qui n'avaient point puisé de locutions barbares dans leurs habitudes domestiques, s'exprimaient purement.

(ClCÉRON.)

Les anciens portent Csecilius aux nues.

(QlilNTILIEN.)

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