XL VI II
Le poète comique Caecilius Statius (suite).
C'est un plaisir dans un amour extrême et une extrême détresse d'avoir un père avare, morose, difficile pour ses enfants et qui ne vous aime point, ne se soucie point de vous. Ou vous interceptez son revenu, ou par une lettre contrefaite vous détournez l'argent de quelque billet, ou vous employez quelque adroit esclave pour le frapper d'épouvante. Enfin, tout ce qu'on peut arracher d'un père trop économe, avec quel surcroît de plaisir on le dissipe !
Mais le mien, par quel moyen le tromper ou lui dérober quelque chose? Quelle ruse, quelle machine faire jouer contre lui? Je ne le sais pas du tout; tant mes ruses, mes tromperies, mes adresses, sont rendues vaines par la facilité de mon père! Les Synépltèbes.)
Celui-là est bien malheureux qui ne peut cacher sa peine. Ce que me fait endurer ma femme, par sa figure, par ses façons d'agir, je te tairais qu'on le verrait assez ! Elle a, sa dot exceptée, tout ce qui peut déplaire. Quiconque est sage s'instruira par mon exemple : comme le prisonnier aux mains de l'ennemi, libre, je suis esclave, alors que la ville et la citadelle sont sauves. Tandis que j'aspire à sa mort, ma vie à moi est celle d'un mort parmi les vivants. Eh! pourquoi tiendrais-je à conserver celle qui me prive de tout ce qui me convient ? (Le Collier ou le Bandeau.)
Oui, mon cœur est enflammé de colère et la fureur de mon âme est à son comble.... 0 malheureux! ô scélérat! Que dire? Que vouloir? Toute votre honteuse conduite me réduit à ne savoir que souhaiter!.... Dissipez, mangez tout; je vous le permets. Si vous tombez dans l'indigence, tant pis pour vous; il m'en reste assez pour passer à l'aise le temps qui me reste à vivre.
Fragments de Caecilius.)