M. TULL1US CICERON POETE
L'aigle de Marius.
Là, soudain, le satellite ailé de Jupiter qui tonne du haut des cieux, se sent blessé par la morsure d'un serpent sorti
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du tronc de l'arbre ; mais il l'a bientôt mis sous lui et le transperce de ses serres terribles. Le reptile, à demi mort, agite convulsivement son cou; vainement, il se débat et se tord, l'aigle le déchire et le met en sang. Quand il a enfin assouvi sa colère et vengé sa blessure, il le rejette expirant, en lance les tronçons dans les flots, et il reprend aussitôt son essor et s'élance du couchant du soleil vers les brillantes régions de son lever. Marins l'a vu prendre son vol rapide et fendre l'air; interprète des arrêts du ciel, il voit là l'heureuse annonce de sa gloire et de son retour. Enfin, le père des dieux tonne à la gauche du ciel ; c'est ainsi que le présage éclatant de l'aigle est confirmé par Jupiter.
Marius.) PRÉSAGES.
(N'as-tu pas dû le prévoir), le jour où, frappé d'un coup terrible de la foudre, par un ciel serein, un citoyen ferma les yeux à la vie? Le jour où la terre s'épouvanta ellemême de ses enfantements? Alors, pendant la nuit, mille spectres effrayants présageaient la guerre et les révolutiuns; alors, sur la terre, de nombreux devins, le cœu" en délire, se répandaient en oracles menaçants et n'annonçaient que catastrophes. Ces maux, dont le cours des ans avait enfin amené le déchaînement, le père des dieux lui-même les prédisait par des signes manifestes, incessants, du haut des cieux et sur la terre.
(Sur son Consulat.)
DEGIMUS JUNIUS LABERIUS
LXXXYIÏI.