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PUBLIUS SYRUS

LXXXIX, Sentences morales de Publius Syrus.

On reste sans plan de conduite à force d'en imaginer. Les pleurs d'un héritier sont des rires sous le masque. Des paroles flatteuses ont leur poison.

L'homme meurt autant de fois qu'il perd un des sieus. La précipitation dans le jugement est un crime. L'homme colère, quand il revient à lui, se fâche contre lui-même.

Le libertinage et la gloire ne sont jamais d'accord.

(1) Lire dans le texte necal, au lieu de necet.

Ecoute ta conscience plutôt que l'opinion.

Un aimable compagnon vaut, pour la route, un équipage.

L'union des âmes est la plus proche parenté.

Supporter les vices d'un ami, c'est les faire siens.

Le sage sera le maître de son cœur; l'insensé en sera l'esclave.

C'est nuire aux bons que d'épargner les méchants.

Imiter le langage de la bonté, c'est ajouter à sa méchanceté.

L'homme cruel se repait des larmes ; elles ne le tléchissent pas.

On hait l'injustice, même quand on la commet.

Obéir par contrainte, c'est être esclave ; obéir volontairement, c'est être serviteur.

Une mauvaise conscience est souvent à l'abri du danger, jamais de la crainte.

C'est par haine du mal, et non par crainte, qu'il faut faire le bien.

L'argent est ton esclave, si tu sais en user ; ton maître, si tu ne le sais pas.

La parole est l'image du cœur ; tel est l'homme, tel est son langage.

Les reproches dans le malheur sont plus cruels que le malheur même.

Surmonter sa colère, c'est triompher de l'ennemi le plus redoutable.

Il ne sert de rien de bien savoir, si l'on néglige de bien faire.

Ne vivez pas autrement dans la solitude, autrement en public.

Qui ne vit que pour soi est vraiment mort pour les autres.

L'honneur, une fois banni, ne revient jamais à nous.

La pudeur peut être innée; elle ne peut s'enseigner.

Ravir l'honneur d'autrui, c'est perdre le sien.

Tout vice se couvre toujours d'une excuse.

Chacun de nos jours doit être disposé comme si c'était le dernier.

(Sentences, passim.

Les poètes Varron d'Atax, Ticidas, Helvius Cinna, L, Galvus Macer.

Publius Tërentius Varron naquit au bourg d'Atax, dans la province Xarbonnaise, et plus tard, à l'âge de trente-cinq ans, il apprit les lettres grecques avec le plus grand soin.

(S. JÉRÔME

Varron d'Atax, quoique traducteur de l'œuvre d'un autre dans le poème qui lui a valu un nom, n'est point à mépriser ; mais il est peu capable d'accroître le talent de la parole.

(QuiNTILIEN.j

La satire était le genre où, après les vains efforts de Varron d'Atax et de quelques autres, je pouvais le mieux réussir, sans égaler l'inventeur du genre, sans oser lui arracher la couronne qu'il porte sur son front avec tant de gloire.

(Horace.)

C'est aussi dans de tendres vers que se jouait Varron, lorsqu'il eut achevé Jason, Varron, objet de la flamme si ardente de sa Leucadie. (Properce.)

Pourquoi rappeler les vers de Ticidas et ceux de Memmius, où toute (l) pudeur est absente dans les choses et dans les mots? (Ovide.)

Puissent tes essaims fuir loin des ifs de Cyrné ! Puissent tes génisses, nourries de cytise, avoir leurs mamelles gonflées de lait l Commence, si lu sais quelque chose. Moi aussi, les Muses m'ont fait poète ; moi aussi, je fais des vers ; moi aussi, les bergers me disent inspiré ; mais je n'ai garde de les croire ; car ce que je chante ne me semble encore digne ni de Varius ni de Cinna; je suis comme un oison qui crie au milieu des cygnes mélodieux. (Virgile.)

J'ai trouvé des gens qui préféraient Calvus à tous les autres orateurs....; son style est noble, grave, et souvent aussi véhément. 11 imite les Attiques et sa mort prématurée lui a fait tort. (QuiNTILIEN.)

Les vers mêmes de Calvus, quoiqu'ils soient badins, sont remplis d'un souffle puissant. (Sénèque.)

(1) Lire dans le texte : Rébus abest omnis, au lieu de nomen.

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