‹ Cours de versions latinesChapitre 37 sur 214 · DES PLAIS AMENES ET DES BONS MOTS DANS L'ÉLOQUENCE · texte numérisé non relu

DES PLAIS AMENES ET DES BONS MOTS DANS L'ÉLOQUENCE

La plaisanterie et les bons mots font plaisir et sont souvent très utiles dans les plaidoiries. Mais lors même que l'art pourrait enseigner tout le reste, le talent de plaisanter est certainement un don de la nature et ne demande aucune règle. Vous excellez en ce genre, César, et, à mon avis, vous l'emportez de beaucoup sur les autres ; raison de plus pour que vous puissiez me servir de témoin ; ou il n'y a pas de règles pour la plaisanterie, ou s'il y en a, c'est à vous de nous en instruire de préférence à tout autre. — Pour moi, dit César, je crois qu'il n'est rien dont un homme de goût ne puisse parler d'une manière plus plaisante que de la plaisanterie elle-même. Aussi, après avoir vu quelques ouvrages grecs intitulés Des moyens de faire rire, j'avais conçu l'espoir d'y apprendre quelque chose. J'y ai trouvé, en effet, des choses plaisantes, des mots pleins de sel qui abondent chez les Grecs; car les Siciliens, les Rhodiens, les Byzantins et, par-dessus tous, les Athéniens, excellent dans ce genre ; mais tous ceux qui ont travaillé à donner la théorie de la plaisanterie et à la réduire en art ont été si insipides qu'on ne rit, en les lisant, que de leur propre sottise.

Il me semble donc absolument impossible d'établir une doctrine en pareille matière. Il y a, en effet, deux sortes de plaisanteries : l'une, qui est répandue également dans tout le discours ; l'autre, qui consiste en traits courts et très fins ; la première a été appelée proprement raillerie par nos anciens, et la seconde, talent des bons mots. Elles ont l'une et l'autre un nom peu sérieux ; ce n'est pas, en effet, quelque chose de bien sérieux que le secret de faire rire.

(De l'Orateur, liv. II, ch. liv.)

XCY.

Le « De Oratore. »

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