‹ Cours de versions latinesChapitre 42 sur 214 · UN MOT DE CURION A VERRES · texte numérisé non relu

UN MOT DE CURION A VERRES

Comme Hortensius, consul désigné, revenait du Champ de Mars à sa maison, accompagné d'une foule, d'une multitude très nombreuse, Caius Curion rencontre par hasard cette multitude ; je veux nommer ici ce personnage plutôt pour l'honorer que pour l'offenser. En effet, je rapporterai de lui des paroles qu'il n'eût pas dites si ouvertement, si publiquement, au milieu de tant de monde, s'il n'eût pas voulu qu'on les rappelât. Toutefois, je les répéterai avec ménagement, avec précaution, de manière à faire sentir que j'ai égard et à notre amitié et à son rang. Il aperçoit donc, près de l'arc de Fabius, Verres au milieu de la foule; il lui adresse la parole et le félicite à haute voix ; quant à Hortensius, qui venait d'être nommé consul, à ses parents et à ses amis, il ne leur dit pas un mot; c'est avec Verres qu'il s'arrête; c'est Verres qu'il embrasse, Verres qu'il engage à être sans inquiétude : « Je vous déclare absous, lui dit-il, par les comices d'aujourd'hui. » Ce propos, entendu par tant de citoyens des plus honorables, m'est aussitôt rapporté, ou plutôt tous ceux qui me voient me le racontent. Les uns le trouvaient indigne, les autres ridicule ; il était ridicule pour ceux qui pensaient que la cause de Verres dépendait de l'autorité des témoins, de la nature des chefs d'accusation, de la décision des juges, et non pas des comices consulaires; il était indigne pour ceux qui saisissaient mieux le fond des choses et qui voyaient que ces félicitations annonçaient l'espoir de corrompre les juges.

{Première action contre Verres, ch. vu.)

Les « Verrincs. »

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